Mon cinéma d'école

                         Tout d’abord le prix la place du cinéma de notre école était de 30 cts, par la suite pour des raisons qui relèvent de la bêtise humaine a été fixé à 50 cts… A titre de comparaison le prix du ticket de cinéma dans la ville et à titre d’exemple le cinéma VOX, allait de 1.35 DA pour les places dites chômeur, 1.55 DA pour  les places dites réserves et finalement le prix de 1.95 cts pour le balcon, au Palace était de 2.05 DA et 2.95 DA.

Bien sur, c’était dans mes années d’enfance car plus tard quelque changements se sont produit, tout d’abord le cinéma Palace qui a connu une rénovation dont le motif étai inconnu, qui a vu sa porte changer de place allant du coté fausse-équerre à la façade principale et rebaptisé Dounyazad et le théâtre qui était fermé a été transformé en théâtre-cinéma, après avoir été complètement démolie et reconstruit. Le théâtre était fermé parce qu’il a été plastiqué par l’OAS et je garde en mémoire seulement, son coté arrière  touché par la déflagration et il pourrait aisément être repris à cette partie uniquement, le reste étant resté intact. Toujours est il c’est toujours de l’histoire ancienne. C’est ce que je retiens de ma mémoire d’enfance. On m’a appris qu’il y avait un autre cinéma, appelé Pan Pan, mai de ma mémoire je garde de ce lieu qu’il était une salle pour scout seulement. Ceux qui étaient plus âgé que moi m’en parlèrent de ce cinéma d’une manière assez affectueuse, dont spécialement une personne que je vais y revenir un de ces jours dans ces réminiscences. D’après cette personne c’était le cinéma qui diffusait des films arabes à l’époque coloniale.

Revenant à mon cinéma d’école, tout d’abord on se vantait d’avoir un cinéma d’école qui était le seul qui avait l’allure d’un vrai cinéma par rapport aux autres cinémas d’écoles. En effet notre cinéma avait des sièges pliables comparables au vrai cinéma au contraires des autres qui avaient de longs bancs en bois disposé un à un. Et puis notre de cinéma avait le mérite d’abriter une vraie chambre d’appareillage de projection disposée au fond de la salle de cinéma. Cette chambre qui était fabriquée en bois revêtue par des plaques de contre plaquée peintes avec des grands dessins de Mickey Mouse et autres figures de bande dessinées. Ces dessins couvraient la totalité de cette chambre  avec des fonds en couleur vives qui dès que je entre à la salle, elle me fait plonger dans un monde mais en couleur, que je connaissais déjà  mais seulement en noirs et blancs des bande dessinées. Ces bandes dessinées qu’on appelait « les aventures » nous  faisaient le gros de nos lectures à l’époque, avec des héros tels Bleck le rock, Zambla, Akim et autres. A cette époque je ne savais même si je pouvais lire les bulles de BD ou seulement regardait les dessins et était suffisant pour moi deviner les aventures racontées et rêver seul par la suite à échafauder de nouveau ces histoires où j’étais le héros incontestable.

Ainsi la salle de cinéma m’offrait cette image d’un vrai cinéma avec ces chaises rouge mai très dépeints restant dépliés jusqu’à notre arrivée pour les occuper et voir les lumières s’éteindre et attendre la projection des films tels Charlie Chaplin ou carrément des film policiers, mais ce qui nous impressionnait le plus était Masciste.

Mais toujours pour moi, ce qui m’intriguait le plus et il a fallu du temps pour comprendre cette situation d’énigme qui se posait à moi le plus souvent, était cet aigle géant qui était posé tout en haut de la chambre d’appareillage. Un aigle gigantesque ouvrant ses ailes sur une largeur qui me paraissait des mètres, on dirait qu’à tout moment qu’il allait piquer sur nous. Il était tellement vrai avec de plumes et bec ouvert. Je me demandais pourquoi il restait  figé ainsi sans jamais bouger et ce n’est qu’après que j’ai compris que cet aigle a été momifié.

Ainsi, il serait  clos ce chapitre de mon cinéma d’école dans l’émerveillement de l’image animée  et la découverte dans à cet jeune âge de cet art qui bouleversa la culture universelle du monde s’il n’y avait pas cet  incident désolant qui marqua ma mémoire un de ces jours d’école.

Et pour arriver à cet incident je dois bien introduire le contexte. C’était dans la troisième année scolaire que tout mon être de bambin se trouva bouleversé. Tout d’abord nous devions entamer l’apprentissage de la langue française tout en continuant à nous perfectionner dans l’arabe.. Mon enseignant d’arabe s’appelait Zairi qui n’acheva pas l’année avec nous car partit faire son service national. Mais celui du Français, un nommé G, m’a provoqué un drame dans ma vie, c’es dans ces cours de cet enseignant que toute cette boule de révolte que je tirai par naissance se manifesta dans sa forme la plus criarde…Cet enseignant d’une inconscience et irresponsabilité sans égale mesure provoqua en moi que de tristesse et amertume…Tout d’abord c’était notre première année d’apprendre le français, donc c’est un nouvel apprentissage au contraire de l’arabe que nous étions déjà à notre troisième année. Aucune image de mémoire de la classe de cet enseignant me fait renvoyer à  des lettres écrites sur le tableau ou à un livre ouvert sur la table.. Tous ce que je m’en rappelle, c’est une baguette de pain et une bouteille de lait, la CLO  de l’époque…en plus de cet ordre qu’il nous infligeait en nous sommant de croiser les bras sur la table, de poser la tête sur nos bras de ne pas relever la tète au prix d’une sévère punition dont il était passé maitre en la matière. Et c’était ainsi la plupart du temps. Et deviner pourquoi ils nous soumettait à cette posture, tout simplement soit pour sortir de la classe et aller à une autre classe, ou pour  sortir sa baguette de pain et son lait et cassait la croute ou encore appeler une enseignante pour bavarder avec elle sans dire plus. Et quand il allait à cette autre classe il allait voir cette même enseignante pour les même bavardages particuliers qui à son tour faisait subir à ses élèves la même posture.

Toute l’année passée ainsi …C’était le drame pour moi…On avait rien appris du français…Et j’étais la risée de mes frères et sœur car je ne savais mot de français. Un jour et pendant qu’on s’adonnait à ce supplice de poser note têtes sur nos bras croisés su la table, tout d’un coup, ce faux maitre m’appela chez lui au bureau et me gifla sur la joue de toutes ses forces, en demandant le pourquoi, alors m’a dit qu’il m’a vue lever ma tête , ce qui était totalement faux. D’habitude je pleurais quand on me frappait, mais cette fois ci je ne l’ai pas fait et je l’ai regardé droit dans les yeux, chose étant timide je n’osais pas faire à mes enseignants, je l’ai fixé ainsi par mon regard un bon moment  au point de le sentir mal alaise, ensuite je suis reparti à ma place, en attendant  impatiemment la cloche sonner pour sortir. Et une fois sorti je suis allé droit à mon père que je lui rapporté ce qui se passa qui moi d’habitude raconte jamais mes punitions à ma famille. Sur ce, mon père  m’a accompagna le lendemain à l’école et je lui fait montrer l’enseignant qui sans introduction ni préalables, mon père  à commencé à l’insulter et le traiter de tous les noms, quand le faux maitre ne répondit pas un mot. Et au cours cette scène, et pour la première fois de ma vie j’apprends une chose qui m’a paru bizarre et qui était en réalité courante dans notre ville et qui malheureusement continue jusqu’à maintenant… Ainsi au cours de cet altercation qui allait  finir aux mains si l’enseignant ne s’est pas enfoui, j’a cru entendre dire par mon père,  quelque chose du genre comme, comment lui, cet enseignant, un moins  que rien, un Zertif, c’est-à-dire un roturier, oser frapper un enfant, Cherif, c’est-à-dire noble selon le jargon de l’époque et peut être de l’actuelle… Et pour la première fois j’en prends conscience de cette différence qui sévissait à l’époque. Et j’en ai pris conscience par la suite parmi mes camarades de classes ou amis de quartiers ou même entre adultes, de cette différence qui relève de la division tribale de la société. Je ne sais pas qu’elle a été l’envergure de l’impact de cette question tribale sur notre ville mais j’en apprenais de jour en jour sur cette question sans y comprendre le tenants et aboutissants. Cet incident de la gifle qui était le reflet d’un sentiment d’injustice immense que j’ai senti, c’est-à-dire qu’on est puni pour quelque chose qu’on a pas faite, commença à ébranler en moi cette naïve innocence qui jusqu’alors m’interdisait de remettre en cause certain ordre établi. Un autre incident s’ensuivi presque similaire mais cette fois ci relevant d’un intérêt purement pécuniaire… et là on revient à notre cinéma d’école.

Au départ il y avait un moniteur désigné pour encaisser l’argent de places de cinéma, par la suite c’est ce fameux enseignant G qui s’est substitué au moniteur pur faire la collecte de cet argent qui a fini de nous imposer un prix de 50 cts pour la place en empochant pour lui la différence…Jusque là étant le maitre d’école et le maitre à bord dan l’école, étant en copinage avec la fille du Directeur, cette enseignantes des bavardage particuliers, alors personne ne pouvait le remettre à l’ordre. Mai à propos de ces places, il se trouve qu’une fois est arrivé, qu’ après avoir payé notre place le film qui devait être projeté n’arriva pas et on a pas eu droit à la séance de cinéma hebdomadaire. Logiquement on devrait être remboursé le jour même, mais ce n’était pas le cas, il nous a fait patienter en  nous disant que notre argent serait gardé pour la séance suivante. Arrivé le samedi suivant, le projeteur de film nous ne laissa pas entrer parce que tout simplement on avait pas payé…Et pour moi, qui n’avait jamais raté une seule séance depuis qu’on avait commencé à projeter ces films, c’étai pas moyens que d’autres élèves des autres classes allaient sortir me raconter le film que j’ai raté dans cette frustration insupportable.. Et dire que pour soutirer de mes parents  ces 30 cts et qui deviennent après les 50 cts imposés injustement par ce voleur, ils fallait frapper des pieds , pleurer de plus belle et frapper dans la porte de la maison de tous mes pieds deux jours durant avant le samedi pour qu’à chaque fois mes parent consentent malgré eux à mes donner ces Douros déduits drastiquement de leur budget familial déjà souffrant pour me permettre d’aller au cinéma de mon école. Alors j’ai couru à la maison pour avoir de nouveau les 50 cts de la séance du jour, mais pour mes parents, il était hors de question de payer deux fois la même séance. Ils savaient bien que la séance a été annulé la fois passé, car je devais leur raconter le film à chaque fois où je rentrais de ces séances tout excité des aventures qu’on nous projetait et que notre argent a été gardé pour la séance suivante…Sur ce,  mon père ne voulais pas se laisser faire et m’accompagna de force à l’école pour faire encore une scène à cet énergumène pour voir se rembourser les 50 cts mais une fois fait, le film avait déjà fini et j’ai raté pour la première fois de toute ma vie scolaire une séance de cinéma, le cinéma que je m’a raffolais à en mourir…Et j’ai collé cela à mon père qui devait me donner l’argent d’abord et se faire rembourser par la suite s’il le voulait. Et je lui en voulu de cela longtemps, le pauvre. Et le chapitre de cet enseignant fut clos à la fin d’année, et le résultat resurgit tout juste à la rentrées suivante quand nous étions accueillis par notre nouveau enseignant de français Et c’était l’incident du premier jour de notre contact avec notre nouveau enseignant, incident qui m’a fait encore détester plus notre fameux enseignant voleur. En effet quand M. Mimouni, notre désormais notre nouveau maitre de français entouré dans la cour par des élèves redoublants, me demanda alors en français d’aller ouvrir le portail, pour laisser les élèves entrer, et ne comprenant un traitre mot de ce qu’il me demandait je demeurais là à ne rien faire hébété,  quand devant cette situation, les élèves redoublants allèrent de leurs rires moqueurs aggravés par une remarque désobligeante de M. Mimouni sur mon niveau en français…C’était insupportable pour moi, et j’ai haï de tout mon cœur et encore de plus belle, mon ancien maitre de français. Par la suite tout rentra dans  l’ordre

 

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