En cette dernière année de l’école primaire, pour les cours d’arabe, j’en découvre un autre pays et toute une cause d’un peuple, la Palestine. Cet enseignant était un transfuge au sens propre du terme d’un des mouvements armés que connaissait les palestiniens… Il venait tout juste d’un camp d’entrainement militaire ou ce qu’il semblait être.. En effet, pour nous punir il n’hésitait pas à le faire avec des coups et prises de karaté qu’il a du apprendre dans son camp. Il était un homme dont la peau très basanée, costaud mais trapu et de vue sa musculature il donnait l’impression qu’il continuait son entrainement militaire chez lui. C’étai l’image que j’avais de lui dans cette école primaire. Par la suite je l’ai connu encore plus car je l’ai eu encore une fois dans mon cycle moyen et encore une fois à nous enseigner une matière dans ma Terminale. IL s’appelle Brahim. Mais contentons nous de cette époque là. Il faut reconnaitre que ces prises de Karaté, il ne les a utilisé qu’une fois ou deux et cela a suffit pour que la classe se tienne tranquille pendant toute l’année. C’était l’arabe. 
Le français c’était toute une histoire qui a vu intervenir à la fin de l’année un personnage assez connu dan nôtre ville. Au début et ne finissant pas l’année, c’était une dame qui s’appelle Mme Slimani. Elle était déjà enceinte à la rentrée. Et comme elle a du avoir des complications dans ses grossesses, alors elle s’absentait souvent et elle a fini par nous abandonner car son bébé arriva à terme. Tout ce que je me rappelle d’elle est que qu’elle passait son temps à se chamailler avec certains élèves qui étaient très âgés dans notre classe. Et une fois partie cette dame, le fameux enseignant entra en scène. En fait il était en même temps le nouveau directeur de l’école. Ce bonhomme m’a posé toujours un problème de communication. Allez croire déjà à cet âge qui arrive mes 12 ans, c’est-à-dire à l’orée de l’adolescence, il m’a donné cette impression que seul un adulte aguerri pourrait en avoir le genre. Imaginons un adulte bien rompu par son âge, se comporte avec des enfants d’une manière hautaine et fanfaronne comme s’ils étaient des gens de son âge. Cela me donna un grand problème dans ma tète et mon cœur et jusqu’à ce jour j’éprouve la même attitude que j’avais enfant à son égard. Je dis un problème, parce qu’à cette époque je ne pouvais pas expliquer son comportement insensé et ridicule et cela me gênait et me donnait un embarrassent immense. Un enseignant, on peut l’aimer ou ne pas l’aimer, celui là je n’arrive pas à expliquer ce sentiment que j’avais envers lui. Je vais tenter de le faire mai je ne sais pas si je vais y arriver. Tout d’abord une fois partie, la dame pour cause d’accouchement, il prit en charge lui-même, le directeur de l’école, la classe pour remplacer l’enseignante. Une initiative incomprise car ils n’y avaient pas mal d’enseignants qui pouvaient le faire. Et puis l’examen d’accès à la première année moyenne n’était pas un examen proprement dit, c’était un concours d’accès sans plus, c’est-à-dire presque tout le monde aller accéder au lycée ou presque seule la moyenne qui fait la différence. C’est un zèle qui était vraiment incompris. Et pour comprendre le but, il faut connaitre l’homme. Son but était de dire par la suite que c’est grâce à lui qu’on a eu notre examen, et on devait lui être redevable pour cela, à vie. Et si jamais on rencontre des années après, cet enseignant-directeur, on doit s’en rappeler qu’il était notre maitre d’école, le grand professeur et on doit le vénérer tel des disciples à leur maitre. Dans une rencontre professionnelle avec cet enseignant, des années plus tard, et qui avait et depuis longtemps quitté l’enseignement pour le monde des affaires, et en exprimant un point de vue qui n’a pas du lui plaire, et le rencontrant le lendemain, le connaissant sensible, j’ai du lui dire qu’il n’avait pas à s’en faire trop de mon intervention, alors sa réponse a été encore une fois des plus paternaliste, qui se résume à : « Ne peut battre l’entraineur de boxes que son propre boxeur »(sic) significative de cette attitude. Trente ans après il se voit toujours mon entraineur, c’est à dire l’enseignant. Bien étendu par politesse je ne lui ai pas répondu sur cette remarque hautaine, paternaliste et réductrice.
Je ne nie pas que notre savoir n’est du qu’aux différents enseignants que nous avons eu dans notre vie scolaire, et que j’en éprouve que considération et gratitude à leur égard, en guise de reconnaissance, mais cela demeure un hommage rendu à l’ensemble et en bloc à cet encadrement qui nous a permis d’acquérir le savoir. En singulariser un, d’entres eux, c’est diminuer le mérite des autres. Cela en théorie. En pratique, cet enseignant nous a pris en charge les derniers jours avant l’examen c’était presque des révisions de cours plus qu’autre chose. Et puis si, étant, moi-même, mal à l’aise dans la clase avec lui je devais de mon coté plutôt me rabattre sur les annales pour m’en sortir. Ce que j’essaye de faire ici n’est pas du tout gentil, je le sais, Je tente de réduire ses efforts à presque du néant, en réponse à la démesure astronomique qu’il a fait lui même de son apport individuel, toutes proportions gardées, dans un grand ensemble. Et puis l’absence d’humilité entraine à la dénégation et l’ingratitude. Je ne vais pas trop m’étaler sur ce penchant que j’ai observé souvent dans les relations sociales. C’est un caractère ravageur source de grande incompréhension productrice de manque de communications et finalement entrainant un blocage total de toute avancée dans le développement d’une action dans la société. 
Mais ma main me démange quand même d’en dire un mot sur ce personnage, qui représente, il faut le dire, tout un modèle-type d’une certaine catégorie de gens dans notre ville.. Cette catégorie se caractérise par un certain degré d’instruction appréciable mais en même temps une limite intellectuelle assez marquante. Une contradiction qui pose un vrai problème.. Comment réagir et se comporter vis-à-vis d’une personne qui à la fois sait lire et écrire paraissant détenir un savoir et en même temps expriment des pensées rétrogrades et révolues qui datent d’une période de décadence culturelle. Je frise là peut être, le bord du procès d’intention, diront certains, et pourtant m’estimant avoir le sentiment d’appartenance bien ancrée dans cette société, j’ai tendance à qualifier mon point de vue plutôt dans le chapitre de l’autocritique que la critique simple et dénigrante. Et puis je n’ai aucune prétention d’objection de conscience autre que celle d’exprimer des idées fruit de perceptions purement personnelles sujet à correction et révisions et donc à polémique.
Pour comprendre ces mystérieux personnages il faut chercher l’origine de cette attitude dans l’erre coloniale. En effet, la population de notre ville du temps du grand colonisateur, voyait une minorité qui a eu la chance de s’alphabétiser et de connaitre une degré d’instruction qui ne dépassait guère le cycle moyen puisque il n’a y avait même pas un lycée pour permettre un certain approfondissement de cette instruction et ceux qui ont réussi à traverser le cap du collège, il devait allait poursuivre leurs études secondaires dans une autre ville que la notre, où il y avait un lycée. Ce niveau d’instruction aussi limité qu’il soit, leur a donné un rang social, dans une société dont l’écrasante majorité était analphabète. Tant que la population demeurant à ce stade d’analphabétisme, ils pouvaient s’égorgeur du mérite de ce rang, mais la démocratisation de l’enseignement après l’indépendance, qui a permis une instruction en masse et l’éclosion d’une nouvelle génération, qui dépassait le stade du cycle moyen a un peu fait vibrer leur rang dans la société. Ils auraient bien accepté d’en être délogés de ce rang si la nouvelle génération d’instruis étaient de taille à concurrencer leu propre instruction du point de vue pratique et objectif. Mais hélas ce n’était guère le cas puisque cette génération fruit d’une démocratisation à outrance, où les examens devenus de simple concours d’accès au paliers successifs du cursus scolaire et l’arabisation aidant dont l’encadrement était constitués par des coopérants du Moyen Orient qui viennent de pays sous-développés , dont la qualité pédagogique laissait à désirer, une génération arabisée qui ne maitrise ni l’arabe ni le français, n’étaient pas capable de les destituer objectivement que d’une manière formelle par les titres et diplômes distribués à tort et à travers. Cette situation a provoqué en eux un rejet systématique de cette génération par un repli sur eux même, manifesté par une arrogance et un mépris. Et cet état de fait est constaté surtout dans l’administration qui est francophone par excellence résultat d’une conséquence de la colonisation.. Cela a engendré beaucoup de conflits subjectifs, des uns qui voient dans les autres des jeunes diplômés sans savoir pratique et réel et les autres dans les uns, des non diplômés d’un niveau scolaire limité qui veulent imposer leur dictat. Et le dénouement ne s’est advenu que par les lois de la nature quand la première génération a vieilli et s’est vu partir en retraite.
Bien entendu les titres et le diplômes scolaires doivent avoir leur importance dans une société signe d’un respect d’une des valeurs qui doit régir une société qui aspire au développement. Si la démocratisation a engendré des tares et des anomalies dans la formation et l’instruction au sens de culture il en demeure que ces diplômés ont quand même acquis une instruction au sens d’apprentissage très appréciable. Et s’ils ne réussissaient pas à s’imposer, par exemple, aux vieux de l’administration c’est parce que l’administration n’a pas connu une évolution et une émancipation dans son fonctionnement. Les vieux de l’administration d’un niveau réellement limité, ont tout fait de faire stagner le fonctionnement de l’administration dune manière sincère et non prémédité car leur connaissances sont resté au premier stade de leur premier apprentissage. Ainsi on verrait par exemple un Ingénieur d’état nouveau promu se planter dans la rédaction d’un PV de réunion ou une correspondance, que le vieux de l’administration en a été rodé des années durant à les rédiger. Et la responsabilité de cette situation ne relève ni des premiers ni des seconds, c’est tout simplement le manque de formation et de recyclage continus qui doivent être le socle de fonctionnement de toute administration ou entreprise. Et comme notre administration en faisait la règle que d’expédier les affaires courantes à l’infini, qui aurait pensé à former et recycler, si aucun feedback ni sondage ni enquête n’ont été fait sur son efficacité. Et pour ce faire, il faut d’abord revenir à la mission première de l’administration, celle de l’offre de service.

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