Ce jour m’était un peu particulier. On disait qu’un ministre aller venir à notre ville pour voir un lycée qui était construit dans la périphérie de la ville. Je ne savais pas c’était quoi un lycée puisque dans notre ville il n’y avait aucun édifice appelé ainsi et je découvre à la fois le mot et l’édifice. Si le mot a ressui à trouver une signification dans ma petite tête, l’édifice et surtout ce lieu où on l’a construit, je le trouvais un peu bizarre. 
En effet, tout petit et pour arriver à cet édifice qui était déjà construit on doit pratiquement sortir carrément de la ville pour y accéder.. La ville s’arrêtait à la porte de la Redoute, celle qui comporte l’inscription Porte de Tiaret. Dès qu’on la traverse, après avoir subit l’odeur de la cuisine de l’hôpital, c’est la caserne seule construction qui se pointe à nos yeux et qui nous était assez familière. Mas hormis la caserne, on rentre directement dans la campagne de la ville, déjà en face de la caserne, une ferme avec bétail et chevaux, passé cette ferme, dans une route battue, un peu plus loin c’est une autre ferme qu’on appelait, Ferme Mazouni, qui était marquée par sa moissonneuse rouge toujours parquée dans ses alentours, une fois passé cette ferme, on arrive au fameux lycée.
Allez savoir et faire comprendre à l’enfant que j’étais que cet édifice appelé lycée était un lieu où des jeunes allaient faire leurs études quand moi je n’étais qu’au primaire. Et on nous disait qu’une fois fini avec votre école primaire, et eu votre examen de 6eme, c’est là qu’on allait étudier. Je ne trouvais pas cela encourageant car traversant chaque jour les champs de blés et surtout ces champs de roseaux (Klakh) pour aller étudier, ce n’était pas évident pour moi. Et vint ce jour qui annonça l’arrivée de ce ministre et tout d’un coup, la route battue qui menait à cet édifice devint route goudronnée. Et après inauguration, cette zone qui était déserte et qui nous servait qu’à la chasse des moineaux et les cailles avec ce fameux engin de chasse, ce manche de bois aux hyper-élastiques, elle se transforma en un axe très animé par les élèves du lycée dès la rentrée scolaire suivante. Cette animation a fait oublier le décor campagnard du voisinage du lycée. Bien que quelques mois après on entreprit le construction du nouveau stade. Et finalement le premier projet digne de ce nom qui allait structurer toute cette partie de la ville, la cité administrative.
Cette fameuse cité administrative, est d’une conception architecturale très moderne digne d’une ville de l’Europe. L’ingéniosité de l’architecte dans sa conception lui a donné un aspect global de façon à suggérer l’invitation de ses visiteurs par sa forme convexe accueillante sous une forme courbe en arc de cercle, une idée originale. Le traitement de sa façade est composé d’éléments verticaux séparant des ouvertures en fenêtrerais qui couvrent la totalité de la surface des immeubles de tous les cotés. Le tout est composé de bloc à en R+3 qui se répètent accolés l’un à l’autre formant un ensemble qui se courbe au fur et à mesure, en arc de cercle allant du sud vers le Nord. Chaque bloc est indépendant de l’autre, dont l’entrée est marquée par compartiment en saillie en rez de chaussé qui est venue casser la monotonie de de l’ensemble qui paraissait uniforme si ce n’est la courbure. Cette saillie compose le vestibule d’entrée s’ouvrant par des baies vitrées allant sur toute sa hauteur. L’intérieur est composé de bureau articulé selon des couloirs de distribution parallèles à la direction générale de l’ensemble. L’ensemble donne l’impression de se rompre et continue de l’autre coté de la rue, avec cette idée originale comme si on suggère qu’on a coupé un morceau de tout l’ilot administratif, pour le faire continuer de l’autre coté où siège le Trésor. Tout cela se voyait dans une vue panoramique dès qu’on dépassait la caserne en allant au lycée. 
Le choix du site et le but recherché à coup sur de l’architecte de la cité administrative était d’occuper ces terrains vagues qui séparaient le lycée de la ville en créant tout un pole d’attraction. Ainsi a été bâtie la cité administrative d’un coté de cet axe d’animation déjà existant, desservie par le rue qui mène au lycée. 
Qu’en est-il aujourd’hui ? 
Une clôture qui entoura tous ces édifices publics comme si on essayait de les protéger de je ne sais quoi quand au contraire c’est à eux, ces édifices, symbole d’état qui doivent donner un sentiment de protection aux citoyens… Une clôture qui délimite pratiquement tous les services représentatifs de l’état, dont on y accède par une porte de 80 cm de largeur. C’es le comble de l’humiliation que peut sentir un citoyen vis-à-vis de ce mépris sans égale mesure… A commencer de cette porte déjà, on y a posté un planton, une fois passé cet écueil, on arrive au Bloc administratif qui connait un planton à sa porte, ce bloc regroupe deux à trois administration et chaque administration a posté un planton à son palier et un autre au seuil de la porte du bureau de son premier responsable. Quand on fait le décompte on se retrouve à près de 4 plantons pour arriver au premier responsable de cette administration. Et quand on vit des années durant dans cette situation, le fonctionnaire et le citoyen acquiert consciencieusement ou inconsciencieusement cette culture citoyen-sujet. Toutes ces décisions de confinement sont prises contre le citoyen et non pas pour lui, reflète le rapport qui existe entre l’administration et ses administrés. Ainsi cette culture est affirmée par le langage courant du responsable qui parle de son bureau, de son service, de sa Wilaya enfin de son administration, à laquelle répond le citoyen-sujet, par votre bureau, votre service, votre Wilaya enfin votre administration.
Et le hic dans tout cela, cette gabegie a fait que les élèves accèdent à leur lycée par un passage aménagé comme une servitude de secours longeant toute la longueur que fait la cité administrative, comme si, le jour où on a décidé l’installation de cette clôture, on s’est rappelé à la dernière minute que cette rue, qui mène au lycée qu’ils avisaient de l’éliminer, desserve chaque jour plus d’un millier d’élèves et pourtant au départ cette rue était destinée au Lycée et la cité n’est venue qu’en second lieu. C’est une agression caractérisée qu’on a commise là, au su et vu de tous les citoyens. Ce passage là, des lycéens ne devraient être autorisé ni par les services de police ni par les services de protection civile de vue les risques d’agression et le problème d’évacuation en cas d’accidents. Et sa situation entre le stade et la cité, sous forme d’un couloir long, a un impact psychique certain sur le comportement de ces adolescents. Ce n’était guère le souci de l’administratif décideur.
Ce n’est pas qu’une seule caractéristique des fonctionnaires dans notre ville et tout le pays, mais sa définition elle-même du fonctionnaire par excellence. Un fonctionnaire dans notre société, est synonyme du, serviteur-aumônier, car pour lui il ne fait que rendre ce service gracieusement pour lequel il est bel et bien payé. Il est totalement confondu avec cette attitude qui explique son comportement vis-à-vis de tout administré. 
D’où vient cette attitude devenue règle dans notre administration ? Nos décideurs qui ont grandi dans et imbus de cette administration, ils opposent le terme de bureaucratie, à cette attitude, c’est-à-dire dans la multiplication des documents et les visas sur ces documents, ce qui est totalement faux. Dans le monde, l’administration française est connue par cette bureaucratie par rapport surtout à l’administration anglo-saxonne, mais y a-t-il quelque chose de comparable dans l’administration algérienne et celle française ? Aucune. L’administration française est celle d’une puissance mondiale. Donc il n’y a rien à comparer. Notre administration tire son origine d’ankylose, dans une autre culture produit d’un système politique général, pris ici, au sens de gouvernance dans et non pas au sens de pouvoir.
En effet ceux qui ont jetés les bases de cette administration, avaient à l’esprit d’ordonner un vie sociale qui était sujet au chaos général à tout moment. C’est l’ordre qui devait être gravé aux frontons de tous ces édifices. Qui dit ordre dit discipline et qui dit discipline dit soumission aux règles de ces disciplines et pars là, à ceux qui veillent au respect des ces règles. C’est le système globaliste totalitaire par excellence pas forcement dictatorial. A force de forger ce principe à travers la population et sous le poids de l’analphabétisme postcolonial, la soumission aux règles qui sont arrêtées se transforma en une soumission feinte à ceux qui veillent au respect de ces règles. Pour un citoyen analphabète, qui ne sait pas lire les textes de ces règles mais il sait qu’il n’est pas sensé les ignorer, il y a que le fonctionnaire qui doit les lui faires savoir, cela par évidence et par ricoché toute demande ou exigence du fonctionnaire est confondue par demande et exigence de ces règles.
Cela prouve bien que la disposition du respect des règles par les citoyens est bel et bien présente, ce qui élimine cette hantise des premiers décideurs de voir la population sombrer dans le chaos par transgressions des règles.
Ainsi confondues les règles avec ceux qui doivent veiller à leurs respects, les fonctionnaires, le citoyen se trouve totalement se plier aux ordres du fonctionnaire plutôt que les règles elles même et mêmes s’il s’y soumettait par ignorance de lecture des ces règles en raison de l’analphabétisme ambiant au départ, il a continué à le faire même après que la population ait acquis un degré d’instruction appréciable. En fait, cette situation a été engendré par deux phénomènes,
- tout d’abord le temps que le citoyen devient alphabétisé, le fonctionnaire avait déjà pris le statut de celui qui est le seul à connaitre les règles et donc le seul à les dicter… 
- L’autre phénomène, et qui à mes yeux est le plus déterminant et qu’on appelle par euphémisme, le manque de transparence, est la non divulgation des règles à respecter. 
En effet, le fait marquant de notre administration est l’absence totale de la communication de l’information sur les règles. Et pourtant pour chaque règles décrétées, il est joint systématiquement dans son édit même, la phrase phare qui dit que telle règle doit être publiée sur tel ou tel support, et qu’elle serait nulle et non avenue si elle ne le serait pas. Pire même, le fonctionnaire lui-même n’est pas au courant de ces règles qu’au gré du temps passé de son ancienneté dans sa fonction, ancienneté qu’on confond avec l’expérience, sous forme de notes écrites internes ou instructions verbales de son chef hiérarchique direct. Et tout marche ainsi…Cela explique pourquoi nos administrations ne répondent jamais aux doléances écrites de nos citoyens et lorsqu’elles le font, c’est une réponse sommaire conclue par l’avis à donner sans aucune référence claires et nettes aux textes qui ont motivé cet avis. 
Tout fonctionne dans un vase clos, les grandes règles et la manière de leur application sont publiées dans le Journaux Officiels qui, il n’y pas longtemps n’étaient disponibles qu’aux initiés et à un prix exorbitants pur les particuliers et non administratifs. Ce qui est en soi une aberration, parce que n’importe quel citoyen peut arguer à un juge qui lui oppose la fameux dictat « nul n’est sensé ignorer la loi » par lui répliquer qu’il n’a pas d’argent pour connaitre la loi et c’est une opposition qui tient juridiquement. Car les règles pour être respectée doivent être connues d’une manière aisée et gratuitement. Mais cela n’est valable que pour les grandes règles les lois et décrets législatifs, l’administré est plutôt sujet, le plus souvent, à des règles sous formes de notes internes et instruction instantanées cumulatives et contraignantes qui ne sont publiées sur aucun support à diffusion publique.
Ce sont les fameuses notes et instructions du fond des tiroirs. Donc elles ne sont connues que par les fonctionnaires et le citoyen doit se fier aux fonctionnaires pour leur véracité, leurs existences même ou leur adéquation. De cette manière, la définition du fonctionnaire même demeure confuse, puisque pour le citoyen, toute personnes se trouvant dans une administration doit forcement connaitre ces règles et il est donc fonctionnaire. Un planton, posé à la porte d’une administration remplit le statut du fonctionnaire de l’administration puisque c’est le premier qui fait respecter la règle qui dit, que pas n’importe peut entrer dans telle ou telle administration, et pourtant cette règle n’a aucune existence légale, ce n’est qu’une note ou instruction et la plupart du temps verbale, mieux encore ou pire, le planton une fois installé dans son poste, son premier savoir administratif et première mission est de ne laisser aucune personne entrer. Et pourtant toutes les règles fondatrices d’une administration est de permettre justement l’entrée libre, c’est-à-dire la réception d’un citoyen en toute liberté pour avoir le service que cette administration a été créée pour. 
Ainsi le planton joue de facto le premier rempart auquel se heurte le citoyen.
C’est l’ordre sacré de notre administration. Un ordre que le citoyen doit s’y plier. De ce fait l’administration qui devrait être un simple moyen au service du citoyen devient toute une institution sacerdotale dont l’accès relève de l’insurmontable. Et celui qui a accès facile à cette institution obtient un privilège dans la société. Alors on cherche par tous les moyens pour y accéder soit par clientélisme ou passe-droits comme naguère ou soit par la corruption aujourd’hui, les meurs et us étant évoluées depuis.
Et pou reformer cette administration il faut comprendre une chose. C’est que l’ordre que connait cette administration ne veut nullement dire organisation. L’ordre ne devrait venir qu’en application d’une organisation donnée. Au contraire notre administration connait une désorganisation insoupçonnée qui dépasse tout entendement dans son aberration et gabegie.
Comme exemple révélateur, on constate qu’ à part le registres des courriers entrants et sortants, aucune archive sérieuse des dossiers n’est maintenue. La durée de vie d’un dossier dépends du temps de son traitement, du suivi de son titulaire direct et surtout de la durée d’occupation au poste du chargé de ce dossier…Matériellement, le dossier peut exister dans un bureau ou dans le sous-sol de l’administration donnée, mais aucune fiche de son suivi n’a été dressé pour pouvoir le retrouver. 
C’est là que réside la différence de l’administration française et celle algérienne. l’organisation. Dans l’organisation on raisonne service, établissement et institution dans l’ordre on raisonne chef de service ou chef d’établissement et chef d’institution.
Le citoyen a affaire au chef d’administration pas à l’administration. Ainsi personnifiée l’administration, le citoyen se heurte à des difficultés qui relèvent de la nature humaine du chef et non pas de la froideur et la neutralité de l’administration. Et le fonctionnaire, peut t’aimer comme ne pas t’aimer, peut tomber malade comme tu peux le trouver dans un des ses jours meilleurs, en vacances en congés, et tout ce qui à trait à son humeur et sa disponibilité du moment, et le service escompté dépend intégralement de ces soubresauts du fonctionnaire..

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