Entament ma cinquième année primaire, soit démuni par ces attaques sans précédent à mon petit égo d’enfant ou nourris par ces expériences de natures spéciale, je découvre pour la première fois un pays que j’en avais pas encore entendu parler, l’Égypte. En effet notre enseignant d’arabe venait d’Égypte et ne ressemblait à aucun de nos enseignants qui nous étaient familiers sur tous les plans. Tout d’abord la physionomie, car cet enseignant était gros, et les personnes obeses dans mon entourages étaient rares. Au contraire toute la population de notre ville et celle de tous le pays reflétait une sous-alimentation criarde sortant des années de misères du colonialisme et un état qui perdura encore des années durant la postindépendance. Ce trait de cet égyptien avait vite fait le faire porter le surnom qui sied à son embonpoint par les élèves, Butagaz, du nom de la bouteille de gaz butane qu’on commercialisait à l’époque qui avait une forme cylindrique et ronde et dont la forme persiste jusqu’à aujourd’hui même si la marque a disparu. Il s’appelait Abourizk, par contre il maitrisait très bien l’arabe et était vraiment à l’aise dans son travail, il nous a appris ces difficiles grammaire et conjugaison de l’arabe avec dextérité. Il paraissait avoir de l’expérience dans l’enseignement étant plus âgé et venant d’un pays connu déjà par ses illustres hommes de lettre que j’ai découvert par la suite. D’ailleurs ne disait on pas que les égyptiens écrivaient, les libanais éditaient et le irakiens lisaient...A cette époque notre pays était encore dans ses balbutiement dans le monde de la littérature arabe. Tout le contraire de celle française, qui avait déjà une grande longueur d’avance par ces nombreux illustres auteurs qui ont entamé dés la période coloniale un courant littéraire qui continua par la suite et meubla le gros de mes lectures à une certaine époque .L’arabe était pour nous l’apanage des adeptes des sciences religieuses à petite échelle, à travers ces petites écoles coraniques où on faisait apprendre à réciter le Coran par cœur, seulement rarement plus. D’ailleurs les premiers enseignants qui nous apprenaient l’arabe à l’école venaient pour la plupart de ces écoles. Quant au reste des enseignants de l’arabe, ils venaient des écoles relativement structurées créées à travers le pays par ce grand mouvement des Ulémas Musulmans dont l’origine première venait de cet grand homme politique et homme de science, Jamal Dine Al Afghani qui a marqué le monde musulman malade à l’image de de l’empire ottoman qu’on disait autant de lui, par lui insuffler toute une reforme dans ses croyances religieuse séculaires et politiques qui a permis à son demi réveil par la suite. Ce mouvement était représenté dés les années 20 du dernier siècle justement par ces Ulémas Musulmans dans le pays mené par Cheikh Ibn Badis. C’est de là que venaient les autres enseignants d’arabe de nos écoles. Ils venaient de ces écoles appelées Medersa, et que j’avais visité une fois la seule et unique qui existait dans notre ville bien avant de rentrer à l’école, accompagnant un jeune voisin qui fréquentait cette école… Je voulais m’y inscrire mais je n’avais pas l’âge requis car j’avais à peine cinq ans. Mais dans notre ville ce mouvement n’était pas tellement en vogue, et je dois dire qu’il rencontrait bien, une forme de résistance. Les croyances traditionnelles de la religion étaient profondément ancrées surtout dans nos campagnes pour voir dans ce mouvement, une tentative de subversion sur ce statut particulier qu’avaient le différents Taleb dans notre ville et campagne. Et pour rejeter telle ou telle idée qui allait à l’encontre de ces croyances établies, on n’hésitait pas à qualifier son porteur de Badissi, relatif à Cheikh Ibn Badis, ce qui veut dire que c’est un étranger à nous et nous ne sommes pas prêts à l’accepter.
Butagaz, notre enseignant égyptien, avait une drôle de façon de nous punir. Pour ce faire soit il taclait carrément aux tibias avec ces godasses ou nous tirer des cheveux de la tempe en les soulevant vers le haut jusqu’à les arracher et cela faisait vraiment mal. Moi, j’ai eu la chance de ne pas subir ce genre de punitions car à mon habitude j’étais un élève tranquille en classe et j’aimais bien ce qu’il nous apprenait. Et puis étant un étranger ils nous voyaient d’un œil indiffèrent vis-à-vis de nos conditions sociales respectives. Il n’avait pas cette subjectivité à traiter l’un ou l’autre selon le statut de leur famille dans la société. Quant au français c’était K, qui venait tout les matins ivre mort mais il avait une manière de nous encourager à travailler surtout en calcul de sorte que il proposait 50 cts à celui qui résous un problème de calcul. Il était correct. Je ne l’ai pas revu depuis cette époque et je ne sais pas ce qui est devenu. Ainsi s’acheva la cinquième année pour laisser place celle autre année charnière du cursus scolaire, celle de l’examen du 6eme.
En fait cette année a connu l’installation d’un nouveau directeur d’école. Un personnage assez connu dans notre ville fait partie d’une catégorie de gens que j’ai eu du mal à m’adapter de leur mentalité.

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