Billets de hkhelifa

Oued El Oukrif

                Petit, j’allais avec ma mère au Hammam, le bain maure. Le hammam était celui du Drouj ou de l’escalier… Pour moi, aller au hammam était un vrai supplice. Ma mère n’y allait pas de main douce pour me laver d’une manière maladive. Elle commençait d’abord à me frotter avec une pierre ramassée dans la nature et choisie de façon qu’elle soit rugueuse donc efficace, pour elle … Après m’avoir rincé du produit de l’opération de la pierre bombée et oblongue, elle m’entama deux fois de suite au gant de tissu. Ensuite elle se retournait à mes cheveux pour les savonner une fois au savon de Marseille et une autre par un savon parfumé, elle les finit avec un shampoing qu’on appelait celui des œufs et je croyais qu’il était confectionné avec du jaune d’œuf de vue sa couleur et la couleur de sa bouteille en plastique. Il portait la marque OLANDA . Enfin elle me savonne tout le corps une fois au savon de Marseille et une dernière fois au savon parfumé… Et c’est dans cette dernière opération que je me trouve soulagé car le moment de sortie pour moi était proche… Elle me fait sortir à la grande salle pour me faire assoir sur des larges bancs en bois disposés le long du mur accolés l’un à l’autre sur leurs longueurs car pour les hommes ces bancs seraient déplacés pour être disposés au droit du mur pour permettre aux hommes de s’allonger. Un privilège qu’avaient les hommes par rapport aux femmes en raison peut être des enfants. Elle me fait rhabiller alors et alla finir sa propre toilette. Pendant ce temps, moi, je sortais du Hammam pour vadrouiller devant la porte.… Ce bain qui était mal éclairée à l’intérieur qu’à l’extérieur la nuit renvoyait à un compte de Mille et une nuit. Il était tenu par un homme très brun presqu’un noir, il ne se voyait jamais dans la ville en dehors du Hammam, un marocain disait-on. La tenancière pour les femmes était une femme aussi noire d’un visage et attitude très sévères surtout avec les enfants. Je ne sais pas s’il y avait un lien de parenté entre le tenancier et la tenancière. 
Quand j’ai grandi un peu et j’allais à ce bain soit en accompagnant mon frère qui avait des instruction fermes et insistantes de ma mère de me faire laver comme ils se doit selon son cérémonial et après, quand j’y allais seul et souvent car j’ai hérité de ma mère malgré moi son obsession du Hammam malgré moi et le comble jusqu’à ce jour je m’adonne moi-même au même cérémonial maladif sauf le chapitre de la pierre qui a tardivement sauté, alors j’en ai vu des choses dans ce Hammam. Le hammam était un lieu de rencontre de toute catégorie de la société. Mais ce côté-là de ma vie ne relève plus de mon enfance et cette innocence insouciante.. Le hammam et depuis sa création à Baghdâd surement selon le type romain des thermes constituait un vrai mur de Facebook de toute la société…
En fait notre bain était au bas d’un escalier qui était large de trois mètres composé d’une trentaine ou plus de marche haute de trente centimètres chacune. . On lui descendait à partir d’une rue et arrivé au bas de l’escalier, le bain s’ouvre à mi-chemin d’une pente qui va jusqu’à le lit d’un oued, l’’Oued Oukrif ou celui du ‘’ veau ‘’. L’escalier s’arrêtant au bain et la descente continue par un sentier en terre battue sur le versant de l’Oued jusqu’à une source cachée par des buissons probablement de lauriers roses. Cette source était appelée Ain Fatha. Cette descente au-delà de la fin de l’escalier m’était strictement interdite par ma mère quand j’allais avec elle et je ne savais pas pourquoi. C’était le mystère qui s’ajoute à celui du bain qui se trouvait là, comme dernière construction à la limite d’une partie de la ville car l’autre partie étant située dans l’autre rive de l’Oued…
Ain Fatha : Ce n’est que par la suite que j’ai su que l’interdiction d’aller à cette source, Ain Fatha était dû justement à sa réputation. Ain Fetha avait une réputation assez particulière et selon cette réputation elle a connu deux périodes. La première période était celle ou les bars étaient autorisés, et là Ain Fatha était le refuge idoine et loin de tous les regards d’une dizaine d’alcooliques notoires dans la ville.. Ils venaient à cette source pour consommer surtout de l’alcool à bruler car non seulement les spiritueux étaient hors de leur portée mais aussi pour trouver dans l’alcool à plus de 90° un liquide pour satisfaire leur accoutumance aggravée d’année en année. Ces alcooliques étaient en général âgés et étaient pris presque pour des malade mentaux dont la damnation de l’alcool leur fait perdre la tête Et souvent ils faisaient du tapage à leur manière dans la ville sous l’effet de ces quantités d’alcool ingurgitées.. Et l’alcool ici, est pris au sens propre du terme c’est à dire qu’il s’agit de l’alcool à bruler à 90°.
La deuxième période d’Ain Fatha, survint quand par décision administrative, on a tout bonnement interdit le commerce des boissons alcoolisé dans le wilaya dont notre ville est le chef-lieu. Encore une autre aberration… Malgré le mode gouvernance du pays qui était du type régalien par excellence, il se trouve qu’en matière d’alcool, la wilaya s’est retrouvé avec un pouvoir d’un état dans l’État de sorte que dans toute les wilayas limitrophes, le commerce da la « boisson sucrée » comme dirait l’autre, était libre quand dans notre ville il était strictement interdit au point d’être tout bêtement emprisonné pour ce commerce devenu illicite dans cette partie du même pays. Incroyable mais vrai. C’est dans cette période que les jeunes habitués des bars ont commencé à consommer leur boissons à la sauvette vendus par des vendeurs illicites aussi à la sauvette. Ce sont nos années de prohibition à l’américaine avec tous ce que s’ensuit comme réseau de gangs et barons de l’alcool. Ainsi parmi nos barons il y avait ceux qui circulaient en voiture de luxe et avec garde-du-corps, je veux dire des gorilles…Je cite ‘’ Tonus ‘’ . Tonus était un jeune assez particulier, sa vie était liée en grande partie à celle de son père dans son enfance. Son père le gardien du nouveau stade qui a n’a pas réussis à détrôner la légendaire réputation de Safa à l’ancien stade et son fameux lastak, un lance pierre dont son manche disait-on était gigantesque donc le projectile dévastateur. Maamar le père de Tonus, a eu la chance d’habiter dans le nouveau stade, et il y est resté longtemps même après sa retraite. Tonus, son fils a commencé par un métier que lui-même a inventé et pourtant ce métier qui a gagné notre société ces dernières années et qui est devenu officiel avec registre de commerce et tout ce qui suit, c’est le traiteur. C’est-à-dire organiser des fêtes. Il a commencé à le faire avec des jeunes de familles de responsables pas nécessairement riches et ainsi il devint l’homme incontournable pour toutes les fêtes à caractère privé arrosées avec de limonade et des tartes au début, ensuite ile est passé au stade le faire avec des apéritifs et tout ce qui s’ensuit.. Et petit à petit il découvrit le filon d’or enfui sous le l’interdiction des boissons alcoolisées et finit par être le fournisseur exclusif à la fois de la Haute et basse frange de la société. Et profitant d’une aubaine tribale, il s’est installé dans les terres de ses ancêtres à la limite de la ville étant descendant des deux seules tribus qui ont leur territoire limitrophe à la ville. Il a réussi à corrompre tout le monde. 
Et tout a commencé petit à petit et progressivement pour que toute la ville soit infestée de ces petits brigands avec leurs tentacules qui s’est tissé à travers tous les services de sécurité et l’administration… Et ce qui m’impressionnait jusqu’à ce jour c’est que ces brigands sont respectés d’un respect complice par toute l’administration. Ainsi donc, dans cette période de prohibition qui dure toujours, les jeunes ont choisis comme lieu de rencontres arrosées Ain Fatha tout en en chassant les premiers locataires, vers d’autres lieux pas cléments du tout qui ont fini malheureusement par mourir dans des conditions indescriptibles. Ces malheureux ont connu dans leur majorité des fins tragiques après une vie des plus dures et misérable, qui l’un dans une chute d’une falaise dans le bois de la ville, appelé le ’’vieux’’, c’est l’un des frères Kaouati ou cet autre brulé vif d’un feu non maitrisé d’amas de détritus dans le jardin public dont le foyer était un simple feu pour se réchauffer du froid glacial de l’hiver, c’était le sort de Bizza ou tout bêtement un autre, mort assassiné dans une dispute anodine dans ce lieu qu’on appelait la « ferraille ».
Ainsi donc Ain Fatha devint synonyme de lieu de retrait de ces jeunes à consommer du vin rouge. Le vin rouge, car dans les bars, il y avait surtout de la bière qui était la plus prisée et cette image des cageots entassés aux tables des consommateurs, afin de faire le décompte une fois le beuverie achevée me reste toujours gravée en mémoire.. Le vin rouge qui est connu pour être consommé au moment des repas devint un vin pour cuite et souvent il était ‘’coupé’’ ‘’El Gatâa’’ comme ils disaient, par quelque misérables olives. Le vin était apprécié surtout pour son prix par rapport aux bières si on fait du calcul sur la base du taux d’alcool. Mais ce qui nous intéressaient pour nous, enfants, c’était le vide, c’est-à-dire la bouteille vide… Chaque matin on faisait le tour des coins de beuveries pour faire la collecte de bouteilles vides et les revendre à Noune à 0.50 DA l’une. C’était un vrai pactole pour nous comme argent de poche.
Ces jeunes ont fini malheureusement à l’alcool à bruler eux aussi poursuivant le chemins des anciens locataires de la source…et pire encore, par la suite quand l’alcool à bruler a été interdit au commerce suite à la cécité totale de 18 jeunes à Sfisef après avoir consommé un alcool mal dosé ou frelaté, ils commencèrent à consommer tout simplement du parfum et toute autre boisson qui contient de l’éthanol à profusion.
L’Oued Oukrif:
Ain Fetha jaillit à un point situé à même distance entre les deux pont de l’Oued Oukrif. En fait il s’agit de deux ponceaux. L’un en amont à partir de la ferme Bagrati, juste au niveau de la piscine municipale et l’autre à l’aval tout juste près de l’ancienne mosquée. La partie supérieure longeait la muraille Est de la redoute jusqu’au escalier du bain maure, en passant par la décharge publique de la ville et continuant en longeant tout le quartier Derb complètement détruit aujourd’hui sauf la rue qui lui donne son nom.
L’oued Oukrif dont la dénomination provient probablement des bovins élevés par les famille Saadou et Mechri qui avaient leur maisons sur le versant Est du Oued donne plutôt une sorte de petite vallée dont le lit d’oued était à caractère temporaire si ce n’est ce filet d’eau qui coulait à partir de la source Ain Fatha et qui se perdait tout juste au niveau du pont du quartier Boudia. Et je n’ai jamais su où finissait l’écoulement de ce filet car au-delà du pont et à l’aval, la petite vallée continuait pour déboucher sur la légendaire Tahtaha des halkates… Ce n’est que plus tard que j’ai su qu’il l’eau était collecté dans un canal souterrain de forme ovoïde de plus de deux mètres de diamètre qui traverse tout le quartier Lamarine. Au-delà et à l’amont du pont de la piscine l’oued continuait en montant jusqu’à la source dite Ain Bent Sultane. Mais il ne drainait pas cette eau en temps sec car celle-ci se répandait sur une grande surface dès son jaillissement dans le voisinage et s’infiltrait dans le sol tout en constituant un semblant d’étang ou marais où cette plante odorante, le ‘ fliou ’, la menthe pouliot qui poussait toute seule. Le ‘’ fliou ‘’, remplaçait parfois la menthe dans le thé en été. Mais au temps des saisons d’orage, l’oued paraissant sec ou presque en temps régulier, se transformait en un véritable courant charriant tout sur son passage et inondait parfois les habitations se situant au niveau du pont et au pied du quartier Boudia. Le pont n’était qu’un simple ponceau et n’arrivait pas à collecter rapidement un grand volume d’eau survenu subitement. 
Et à chaque orage, les inondations provoquées par l’Oued faisaient l’actualité de la ville. Mais avec le temps et l’extension de la ville, cet oued qui se situait presque à limite de la ville ancienne en séparant le quartier Boudia de celle-ci, devint un point noir puisque désormais il se trouva en plein centre-ville. Et ainsi commença l’aventure des administratifs dans leur tentative répétées de faire disparaitre l’Oued de la ville. Ainsi donc, l’approche que faisait les autorités afin de supprimer ce point noir était tout bêtement de faire disparaitre l’Oued lui-même c’est-à-dire cette petite vallée qu’il constituait. Une approche simpliste et biaisée dès le départ puisque elle va à contrecourant de la nature. Par définition le tracé et l’escarpement d’un oued sont le fruit de l’érosion, dû à l’écoulement de son eau. Si on fait arrêter l’écoulement de cette eau, le détourner ou le collecter par des conduites artificielles, l’oued ne serait qu’une surface à topographie accidentée qu’on peut l’aménager en différents jardins à thème et espaces de loisirs légers ne demandant pas de grosse construction.
Et pour ce, il y a eu cette extravagante idée de l’administration qui frappe par son incongruité tous les esprits. Eh oui ! tout d’un coup on a décidé de le faire disparaitre complétement du décor. Et la seule manière était dans leur esprit qui a travaillé par des raccourcis, est de le remblayer dans sa totalité.. Pas moins que cela ! Qui aurait pensé de remblayer toute une vallée. Ils y ont pensé.. Eh bien ! les décideurs administratifs de notre ville ont réussi à entamer ces travaux d’hercules dans une totale absurdité. Je dis bien entamé car cette gigantesque besogne qui a fait mobiliser tous les moyens de la ville pendant des années, n’a jamais été achevé. Impensable. Et elle ne pourrait jamais être achevé car un simple regard du profil en long de cet oued nous fait remarquer qu’il ne peut être remblayé dans sa totalité parce que tout simplement l’oued qui était dégarni de toute construction à part les ferme Saadou et Mechri, dans sa partie supérieure, et toute en descendant vers le ponceau de la mosquée, à ce point précis, le profil en travers, donne deux quartiers entiers celui de Derb et une bonne partie de Boudia mais surtout l’ancienne mosquée. Si on a démoli le quartier Derb on n’a pas pu le faire pour cette partie du quartier Boudia mais surtout l’ancienne mosquée qui est considérée comme patrimoine de la ville étant la première mosquée construite dans la ville. Tout cela était évident sur un simple coup d’œil sur un plan, et ils s’en sont aperçu qu’après des années et tant d’effort à remblayer toute la partie supérieure. Finalement l’Oued Oukrif qui pouvait être tout simplement un lieu de villégiature verdoyant avec parc de jeux et construction légères de loisir se transforma en un vrai casse-tête pour tous les administratifs qui se relayèrent dans la gestion de cette ville. Et jusqu’à aujourd’hui il demeure une tache d’huile dans la ville… IL y a eu beaucoup de tentative de le réaménager par au minimum une demi-douzaine d’études mais il y avait toujours cet handicap somme toute logique du coût de réalisation de ces travaux. Tout le problème qu’avait ces études était dans l’approche première de la conception de cet aménagement… On voulait toujours faire de la partie qui est restée non remblayée, quelque chose de grandiose étant situé en plein centre-ville, Et pourtant le bon sens dictait, et dicte toujours, de procéder par un respect environnemental à traiter les versants restants du Oued par aménagement superficiel de façon à ne rien déplacer. Les talus sont bien fixés sur place et toute intervention serait de respecter les pentes. Il y a eu une tentative de procéder de la sorte mais elle a été biaisé par une autre idées farfelue de fixer le talus en travers par un colossal ensemble de banquettes en gabion qui a fini par être abandonné pour son coup financier…Ces banquettes étaient destinées à recevoir des gradins d’un théâtre en plein air. Et les choses restèrent ainsi jusqu’à ce jour. Et en passant je dois bien noter qu’on a oublié qu’un tel volume de pierres tassées sur une conduite soit elle en béton armée allait finir par la rompre. Cette conduite posée bien avant de remblayer l’Oued dans la première opération, servait à drainer les eaux en temps d’orage. La conduite rompue, et étant à plus de 25 m ou plus sous terre, donc impossible de la réparer et suite aux différents débordement des regards cheminées qui l’aéraient, alors, en conséquence on a tout simplement réalisé une autre conduite tout en changeant carrément le tracé afin de contourner le tracé de la première qui n’était plus fonctionnelle. Et un autre cout qui s’ajoute à cette obsession de se débarrasser d’un oued qui à leurs yeux défigure le centre-ville. Et pourtant un exemple frappant est donné par les sud-coréens dans le projet du traitement de oued El Harrach dans la capitale.
Malheureusement on continue de faire la même approche dans le traitement de ce Oued qui ne l’est pas en fin de compte…Dit-on qu’on va déblayer de nouveau ce qu’on a fait des années d’effort pour le remblayer et réaliser un tunnel allant de bout en bout de l’oued. Bien sûr, le remblaiement qui était déjà une travail d’Hercule est beaucoup plus facile que de déblayer, d’autant plus après certaines années, un remblai n’est plus considéré comme un sol meuble mais plutôt de la terre ferme c’est-à-dire sol consolidé. Et pourquoi tout cela ?…Pourquoi toutes ces acrobaties qui défie toute logique. ? Bien sûr, les nouveaux travaux d’hercule sont entamé et personne vraiment personne, ne peut dire s’ils seront achevés et dès le prochain changement du premier responsable, ils seront abandonné à coup sûr à n’importe quel stade et surtout avec la disette de ces jours-ci. Et le cycle recommence.
Je m’interdis de faire de l’objection conscience pour faire appel à toutes les association de la ville et de l’écologie pour qu’elles prennent elles même en charge ce oued pour proposer selon un approche environnementale le traitement de l’oued afin de donner un nouveau poumon pour la ville et à moindre cout. Un tunnel qui s’ajoute aux deux autres n’est qu’une autre aberration. Les tunnels sont conçus en dernier ressort pour résoudre un problème de circulation automobile ou piéton sans plus. Ils n’ont ni attrait architectural ni ajout urbanistique à une ville. Ils doivent être excavé sous un lieu donné sans provoquer aucun changement petit soit-il sur la surface. Qu’en est-il de nos deux tunnels réalisé dans notre ville. Celui du En Nasr a été réalisé quand il n’a a même pas un croisement de deux rues, et ce point de l’autoroute nécessite même pas un carrefour pour puisqu’il s’agit que d’un rue qui débouche sur une autre comme il y en tout en long de cette rue à commencer de celle de Dar El Beida qui arrive tout juste après, quant à l’autre celui du CEM Medjaji, un carrefour suffirait amplement, pareil à celui situé plus loin de la maternité. 
Et puis cette idée de tunnels qui a sévi à travers tout le pays, et si dans certaines villes, et particulièrement à la capitale, ces trémies peuvent être justifiées, pour répondre à problème ponctuel et précis de circulation, il n’en est pas de même pour la plupart. Un ville comme la nôtre n’est pas du tout propice à de telle solution pour les problèmes de la circulation. Une trémie est décidée quand il y a un carrefour qui dessert un minimum de cinq directions dont la signalisation horizontale et verticale n’apporte aucune amélioration. Une circulation verticale comme les feux tricolores peuvent apporter de grand soulagement à la circulation automobile.. 
Même si on suppose que le dernier aménagement de l’Oued Oukrif a eu l’aval de tous les services, et une partie de la population et ce qui loin d’être le cas selon les échos qui circulent dans la ville, même si on fait miroiter le projet par un soit disant parking à étages, qui donne la garantie que son exécution soit arrivé à terme. À bon entendeur salut !

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Les cigognes

             Cette photo date de ce jour du 07 Juin. Ce sont des cigognes. Les cigognes ont meublé tout le décor quotidien de mon enfance, à part les jours de migration pour aller visiter l’Europe et revenir. Dès que je sortais de la porte de notre maison, se pointe à l’horizon immédiat un nid, de loin déjà paraissant immense. La cigogne est communément caractérisée par son bec long, pour moi, c’était ses longues jambes qui les faisaient marquer car c’était surtout ce que je voyais de loin. Mais, petit, j’étais impressionné par sa façon de nourrir ses petits en prenant la nourriture avec son propre bec pour les poser directement dans ceux de ses petits. Cette façon de faire me paraissait affectueuse comme si je cherchais dans ces oiseaux des sentiments humains. Et souvent je voyais une souris ou rat se débattait dans ce bec. Et pourtant quand je les revois aujourd’hui dans ces arbres sur la rive de l’oued dans cette zone tampon entre la ville et Boukhors, je me demande s’ils ne sont pas quelque part humains pour persister à aimer cette ville malgré tout. En effet les cigognes avaient leurs nids en plein centre-ville. Leurs nids étaient perchés dans des endroits disparus aujourd’hui. De mémoire je cite, le toit de l’église et celui de la Mairie. Sur le toit de la mairie en ardoise tout juste à l’endroit où est posée la sirène avec ses éléments en forme d’entonnoir et au pied de cette toiture se dressaient ces orangers dont les oranges sont amères, immangeables. L’église a disparu et là, est une autre histoire et la cigogne de la mairie, croyez-le ou pas, je ne sais même pas si elle y est de nos jours ou pas, tellement j’ai perdu ce œil enjoué et scrutateur de l’enfant. 
Mais pour moi le nid de cigogne le plus spectaculaire est celui du jardin du monument. Ce nid était perché au haut d’un arbre probablement un platane qui s’élançait sur 25 m de hauteur. Ce platane planté en plein milieu de ce jardin appelé le jardin du monument. Il y a un nuance là-dessus, le jardin du monument n’a aucun rapport avec le monument… Ce jardin était improprement appelé le jardin du monument car le monument aux morts qui était situé plus bas de ce jardin avait son propre jardin. Le monument était une stèle qui n’avait aucune forme particulière tout juste une bâtisse dont la base élargie laisse s’ériger en son milieu un élément de un à deux mètres de largeur sur une hauteur de quelques mètres sans plus. Le tout est bâti sur une plateforme élevée de quelques marches, à partir du niveau de la rue. Le reste de la plateforme est destinée à une terrasse sous forme de belvédère donnant une vue sur toute la longueur de l’avenue de l’indépendance, cerné de grand bacs à fleurs en béton. Au niveau de la rue, deux murs de part et d’autres de l’escalier marquaient le monument. Un de ces murs nous servait à un jeu d’enfant. Le « 1.2.3 délivré » qu’on passait des nuits entières à en jouer. Le tout était de couleur blanchâtre qui salit vite et le rend fade et anodin.
Et le seul attrait de ce monument est qu’il était entouré tout autour d’un semblant de jardins, mais qui n’est pas destiné au public c’est-à-dire à la promenade. C’est pour cette raison qu’on l’a ignoré en dénommant l’autre jardin à son nom. Le monument a disparu aujourd’hui, il est de même pour son jardin et le jardin de la cigogne. C’est pour cette raison que les gigognes ont choisis de construire leurs nids sur ces arbres hideux de la rive de l’Oued. Si la disparition du monument est sans regret, il n’en est pas de même pour ces jardins qui constituaient une grande partie le poumon de la ville comme on dit. Le monument dit-on, a dû disparaitre suite à une décision administrative, dont le maitre à penser était un homme de culture qui subitement reconverti en administrateur. L’intention était bonne car la ville paraissait s’arrêter là, en une impasse et on devait l’éclater et sauter ce bouchon qui l’étouffait au milieu de son propre centre quand tout le reste connaissait une expansion. L’idée est discutable mais tient à un bout. Je le redis, je ne regrette pas le monument qui était érigé par le grand colon à la gloire de ses morts tombés dans les champs de leur honneur dans des batailles à Saint-machin et Aix-truc. On n’en a que foutre.
Mais pour la disparition des jardins, même si on accepte l’idée, on sent quand même un pincement au cœur…Des arbres séculaires abattus comme des roseaux donnent du remous. Tout compte fait, cette idée de tout éclater dans la ville, j’en étais un fervent adepte, pour mes propres raisons qui se situent au niveau de bousculer un peu cet esprit des habitants de la ville qui était à cette époque assez obtus et renfermé sur eux-mêmes par cette culture du petit village où tout le monde connait tout le monde. Finalement, il en était rien et cette idée s’arrêta à cet endroit-là et à ce stade de maturation sans jamais aller au-delà. Peut-être son initiateur a été surpassé par la résistance pour jeter l’éponge car il a oublié que les choses doivent se faire à partir du bas et non pas du haut.
Et tout juste au voisinage de ce monument et de son jardin, séparé par un terrain vague qui donnait accès au beau escalier de la synagogue, qui rappelle cet autre qui donnait accès à l’ancien tribunal de la ville, démoli, et une fois passé ce terrain vague, notre jardin commence et fini exactement à la rue de la porte de la redoute qui porte l’inscription « Porte de Mascara 1857 ». En résumé, ce petit jardin était destiné exclusivement au promenade sans plus et les enfants y étaient interdis d’accès… Bien sûr on y allait pour voler les différentes roses qu’était réputé avec, ce jardin. Et puis pas loin de ce jardin, une simple rue ou presque les séparent, il y avait ce jardin qui lui était fréquenté par les enfants. Ce jardin que les enfants dénommaient celui du « Houta » i.e. poisson et les adultes celui du Taous (Paon) en raison de l’existence de deux paons parmi d’autres oiseaux élevés dans une grande cage. Les enfants l’appellent Houta en raison d’un jeu qui était rudimentaire mais apprécié par les enfants. Ce jeu est composé d’une barre plate métallique de 30 cm de large sur une longueur de 3 m accrochés à deux mats par ses deux bouts de sorte qu’elle balance en pendule. Les enfants montent dessus à cheval et se font balancer tous seuls au gré de leur propre mouvement.
Les cigognes refusent de quitter cette ville et je ne sais toujours pas pourquoi…Ils ont élit domicile je veux dire, nids, à Boukhors tout juste sur une rive de l’Oued. En fait ils ne sont pas exactement dans Boukhors puisque Boukhors, l’initial, est situé au-delà du pont… C’est comme ils veulent dire qu’ils sont de notre ville et non pas de Boukhors.
Mais pourquoi les cigognes ont choisis ce coin-là ? situé entre Boukhors et la ville comme s’ils veulent dire qu’ils ne sont pas de Boukhors, quartier dont les habitants étaient à l’origine produit d’un certain exode dont le terme ici n’est pas pris au sens péjoratif, et ils veulent dire qu’il sont bel et bien de la ville au même titre que les habitants de la ville. Mieux encore, ils devaient être dans la ville bien avant l’établissement humain dans les parages. Et d’un coup ils sont chassés sans annonce ni avis, par la disparition de leur endroit de prédilection. Et ils insistent qu’ils ne sont pas de Boukhors, ce village qui portait le nom de « village satellite » avant même sa création, inventé par je ne sais quel Bureau d’étude d’Urbanisme, et je ne sais pas pourquoi je n’aime ce genre de Bureaux. des urbanistes qui étaient des géographes, sociologues, démographes et j’en passe, des métiers dont les travaux sont destinés beaucoup plus aux études universitaire fondamentales et académiques car sujet à à une multitude d’hypothèses et polémiques par excellence et ne peuvent pas de ce fait répondre concrètement à des problèmes de gestion concrète d’une ville. Et pourtant le commun des mortels sait que l’activité crée l’établissement humain et non pas le contraire. Le berger dresse sa tente là où il y a quelque chose à brouter pour son cheptel. Maie cela est un autre sujet à débat.
Ces urbanistes qui, jugeant l’extension de la ville assez démesurée suite à un exode qu’il l’ont qualifié de rural, un mot qui n’a aucune signification partout ailleurs dans le monde sauf dans notre ville et notre pays, alors il a été prévu afin de juguler à leurs yeux cette supposée marée humaine qui était en train d’envahir la ville, de construire, deux villages, pas moins que cela, éloignés de la ville afin de drainer cette population envahissante et de la parquer dans ces ghettos, mot qui prend toute sa signification pour expliquer cette vue d’esprit. Et ironie de tous les sorts, ils les ont appelés « villages satellites » dénomination officiellement administrative dont les urbanistes du Bureau d’étude, ont en donné l’inspiration. Ils les ont appelé les « villages satellites » comme les français ont appelés les quartiers Grabas, les « villages negres, les VNDT ». La différence, et elle n’est pas des moindre, c’est que les français ont dénommés avec cette façon réductrice les quartiers quand ils étaient déjà établis, et notre administration a condamné les habitants de ces deux villages en les affublant du nom de satellite bien qu’avant qu’ils soient nés…c’est-à-dire que ce sont des objets qui gravitent autour de la ville mais ils ne lui appartiennent pas et par conséquent la ville ne leur appartient pas. La composante des habitants de ces villages devraient être issus du l’exode déjà entamé à cette époque surtout après avoir décrété notre ville un « chef-lieu » d’une vaste wilaya.………. Et avec son fameux Plan Spécial.

Ainsi donc on a eu l’idée de créer ces « villages satellites » qui doivent graviter autour de la ville par analogie aux satellites qui orbitent autour de la terre. En un mot, des villages ou quartiers, qui dès le départ on leur fait comprendre qu’ils sont étrangers à cette ville.
Et ils ont passé à l’acte, et de ces deux villages, on a vu l’ébauche de la création d’un seul, celui de Boukhors, quant au deuxième a vu les fondations de ses constructions couler un certain temps pour s’arrêter net suite à autre décision administrative dont la raison est inconnue. Les fondations en béton demeurent toujours comme vestiges au voisinage de l’ancien-récent parc à bestiaux (Le souk des ovins), celui dont la clôture était circulaire et qui a fait penser à un moment donné à une centrale nucléaire vu sur photo-satellite...
La raison de l’annulation du deuxième village satellite demeure inconnue et elle n’est surement pas la conséquence d’une remise en cause d’une décision avérée erronée et corrigée afin de ne pas aggraver une situation donnée…Non ! Notre administration ne connait pas ce genre de révision et remise en cause…Notre administration fonctionne au cumul des décisions, une décision vient enterrer l’autre sans l’annuler ni la réviser de sorte que la confusion demeure un temps, le temps que les gens s’habituent à la situation d’imbroglio.

Boukhors a été entamé en partie et fini par la suite par la population en dehors de toute décision administrative cette fois ci. Ainsi donc, Boukhors fut créé au départ sur cette décision administrative, et complété par la suite par l’absence de décision… Eh oui ! comme notre administration est connue par ces fameuses décisions, elle est aussi connue par l’absence de décision tout court.
Et Boukhors grandit et petit à petit sort carrément du domaine de gestion de l’administration et on s’en est rappelé que lors des années de sang quand le gros de la logistique des actions terroristes venait justement de ce quartier et sur ce, on a décidé de créer un nouveau Boukhors, le Boukhors II, et ils l’ont appelé avec ce nom amorphe et insipide, les 1000 logements. Ce réflexe de nommer des cités entières par son nombre de logements vient du fait que l’administration considère les citoyens et leur résidence que comme des objets statistiques. Cette façon de voir entraine bien entendu la personnification de l’administration, de sorte que dans la ville, on connait le premier responsable et le dernier agent administratif par leurs noms respectifs, mais le contraire n’est pas vérifié, les citoyens sont des citoyen-sujets qui n’ont pas de nom.
Les cigognes demeurent ainsi, un signe d’une vie déjà révolue.

Une aberration

              Des enfants d’à peine 12-13 ans qui sont retenus dans leurs classes pendant 44 heure par semaine. 44 heures sans relâche ni répit, à l’affilée dans un climat intense où non seulement le cycle est nouveau après avoir été habitué à deux enseignants par jour et pendant toute l’année, on se retrouve brusquement avec plus de 11 matières et 10 professeurs. Qu’est que je retiens de cette pléiade de professeurs, du néant car je n’étais guère préoccupé des manies ou gesticulations de tel ou tel prof. La seule envie qui était la plus vivace dès que on rejoint le lycée était de languir sur celle le quitter. La seule heure creuse due à une absence d’un prof ou un autre évènement était capable de nous procurer une joie de répit. Et de ces heures qui nous donnaient un relatif réconfort étaient celles des séances de sport. C’est pour cette raison que je retiens une bonne mémoire et bon souvenirs avec tous nos profs de sport.. A commencer par Sadok Henni un homme très dynamique, boxeur il venait d’être sacré champion d’Oranie ou National. Ensuite il y avait Ladj Hamid un personnage hors pair avec son sens de l’humour très aigu. Il nous appelait les ‘‘Kouata’’ des boites de conserves ou quelque chose du genre, ensuite Tahi, qui lui ; nous appelait d’un nom carrément vulgaire des ‘’Kakas’’ et enfin Boumadani, dit Mamouche qui était un footballeur du Mouloudia de la ville. Quant au reste des profs, leur nombre ne nous permettaient guère d’apprécier l’un ou l’autre à sa valeur. Un mot sur Kasair, Kihel qui est mort et qui était marqué par son tempérament bon vivant et qui était très gentil avec les élèves. Par contre d’autres, était vraiment des hommes très constipés, triste et maussade de nature comme Khalfallah qui nous enseignait les maths. Un bonhomme lugubre on dirait qu’enseigner pour lui était une punition. C’est tout ce que je retiens de plus de 45 professeurs en quatre années. On n’avait vraiment pas le temps de vivre autre chose constamment pris par les cours et séances d’atelier marathon. Et vint l’examen du BEMT qui était facultatif, sans aucune valeur. Aucun de nous n’a réussis à l’avoir et cela m’a énormément affecté. On ne l’a pas eu en raison de la note éliminatoire dans l’épreuve de Maths. Le prof de maths que nous avions en cette année de 4eme année était un jeune Terminaliste, qui n’arrivait pas, jeune comme il était, à maitriser la classe malgré les appels incessant de Mamouche notre prof de sport à son secours, pour qu’il vienne lui faire de l’ordre dans la classe. Il avait surtout des problèmes dans la classe avec des élèves qui étaient presque de son âge, et a dû commettre l’erreur monumentale que ne devrait pas faire un prof, il a dû dès le début se familiariser avec eux ce qui lui a compliqué les choses par la suite. Et puis ces élèves étaient plus intéressés par le niveau de 4 eme année pour aller travailler. Ils n’avaient pas l’intention de poursuivre leurs études. Finalement on est passé à la première année secondaire. Et toutes ces années dans l’enseignement technique n’étaient qu’une mascarade sans plus. C’étaient des années à oublier. Certes j’en ai appris des choses qui m’ont permis de me débrouiller en matière de travaux de bricolage dans ma maison comme installer ou désinstaller une prise de courant ou interrupteur, réparer un panne électrique, raboter une porte et autre choses du genre mais pas plus.
Un mot sur ce vieux Smail, un monsieur qui nous apprenait à manier une perceuse, taraudeuse et autre machine de mécanique dans l’atelier, il le faisait dans des séances de 16-18 et l’odeur des lubrifiant et graisse a été toujours collé à moi avec ce creux insupportable dans l’estomac jusqu’à la crampe de la faim. Si Smail qu’on disait de lui qu’il était le père du footballeur Hadefi du MCO et je ne sais toujours pas si c’est vrai, était un homme affable et tendre, il n’hésitait pas à nous voler du chocolat de la cuisine pour nous faire supporter cette faim de fin de journée. Parfois on volait les carottes et salades plantées par les élèves des classes agricoles.
Mais c’est lui aussi qui nous faisait travailler à la pelle et pioche pour faire des trous et monter la clôture qui séparait la maison du directeur du Lycée. Et cela n’avait aucun rapport avec les études.

 

 

 

اطفال محتجزون أربعة و أربعون ساعة في الأسبوع

            لقد فرح الجميع في العائلة بنجاحي في ذلك الأِمتحان السنة السادسة, لم تكن الفرحة, فرحة ذلك الطفل في الامتحان فحسب من باب التمدرس ولكن رأى نفسه قد تخطّى حاجز كبير و لكن كان يبدو لي كبُرت في السنّ و قد ودّعت طفولتي نوعا ما.
و لم تكتمل الفرحة التي غمُرت كلّ افراد العائلة حتى انقلب كل شيء الى حزنٍ عميق قد أعجزعن وصفه الأن رغم انني وقتها لم افهم مغزاه و لا سببه. و بعدئدٍ تبين لي أنني لم اكن لألتحق بتلك الثانوية التي تابعت بنائها و حضرت تدشينها و كنت ارى تفسي فيها و طالما حلمت بها. ثانوية عبد المُؤمن. و ها أنذا اجد نفسي قد عُينت في ما كان معروف لدينا أنذاك بالمركز التعليم التقني. وهذا المركز كان مخصّص في الأول للراسبين في الامتحان السنة الاولى متوسط بهدف التكوين المهني و خصص لاحقا لنزلاء مركز اعادة التربية اي السجن لاعادة ادماجهم من جديد في المجتمع كما كان يقال. هُنا كانت صدمة جميع العائلة. و خاصة الأُم الكريمة.
الحزن ولد ثوران بعد ذلك وراحت أُمّي كعادتها مقتنية حائكها (ملاءتها) وراقفتني الى ذلك المركز اللعين كي ترى مالذي جرى حتى يوجه ابنها الى مركز للسجناء ليس الا. و استقبلها الحارس العام الذي كان يسمى زيّان. فكانت تفسيراته غير مقنعة لها على نحو ان بالعكس على ضنِّها فان المتوفقين في مادة الحساب هم الذين اُختيروا لكي يواصلون نوع جديد من التعليم قُرر و يسمى التعليم التقني. و لم يكن ذلك ليُقنعُها. فاخرجها من المكتب ليُريها الثانوية التي كانت في طور البناء محاذية لذلك المركز المزعوم.وحقيقة كانت هناك ورشة بناء والاشغال جارية بها وبادية على وشك الانتهاء. . ولكن الأم لم تقتنع رغم كل شروحات التي قدمت على اساس أن هذا تكريم لابنها و ليس انقاص من قيمته. و برهان ذلك هو وجود اطفال عائلات معروفة بميسورات الحال في المدينة في نفس المركز. و عند ما لاحظ علامات التعجب فراح في سرد اسماء العائلات التي كانت تُعرف انذاك في المدينة كي يقنعها بان ذالك لم يكن ليُنقص من قيمة ابنها. وللعلم في مدينتنا لم تكن تلك العائلات الميسورة الحال سوى بقال او بائع اثاث او صاحب مقهى او حمام عمومي كانت محلاتهم تتوسط المدينة او بعض موضفين يعملون في الادارة. و حت تجار المدينة لم يكن لهم ارقام اعمال كبيرة حتى يصنّفوا من كبار اثرياء المدينة. فمدينتنا كانت مدينة صغيرة غير مزدهرة اقتصادياً. كان هناك كبار ملاك اراضي و اغنام و صحيح, لكن بساطة معيشتهم لم تكن لتخلق طبقة اغنياء تأثِر في المجتمع. ولكن الفقر المدقع لسواد سكان المدينة كان كافيا ليميز هؤلاء على الباقي.
هذا لم يكن ليرى اهتزاز في معتقدات الاُم وتأثُر بهذه المقارنات. فان كانت هذه العائلات الميسورة قد رضت بذلك فهي لم تكن لترضى لابنها تعليما تقنيا الذي كان مرادفا في ذهنها للاشغال اليدوية البحتة هذا من جهة ومن جهة اخرى كان هذا المركز او ما كان قد يصبح ثانوية فيما بعد يبعد بكثير عن مقر سكنانا.. بحيث اجابته على الفور بان اذا كان هؤلاء رضو لابنائهم هذا النوع من التعليم فهي لاتريد ذلك لابنها . امي كانت من النوع ذو شخصية خارقة للعادة. رغم انها منحدرة من عائلة بدوية او لانها كذلك فلم تكن تتاثر بالمفارقات المجتمعية. فذهل الحارس العام من الجواب مخمناً في نفسه كيف لتلك المرأة التي لا يظهر عليها لا علامة الثقافة ولا علامة الثراء تنفرد بهذه الاستقلالية في الفكر و العناد. فذهل و لم يكن له بذ في جواب اخريُقنعها. و بعد ذلك و كعادتها ظلت اياماً و اياماً تطرق كل الابواب و لم تفلح في سحبي من ذلك المركز. ووافتها المنية سنتين من بعد و وذهبت بهاجسها الذي لم يكن ليُفارقها اللحظة... و فقدانها اخذ معها كل طعم للحياة. كانت امي كل شئ بالنسبة لي... كنت لاازل انام في حضنها لا أُبالي بسخرية الاهل و الاقارب. و اذا كان العطف و الحنان تهبُه اي ام لطفلها كغريزة انسانية فقد ورثت من أُمّي استقلالية التفكير والنقد الحاد للذات قبل نقد الاخرين و انا ما زلت طفلاُ. فكانت بالذات هي ميزتها عُرفت بها احبوها الناس بها او نبذ وها من اجلها. كانت تخيط ليل نهارعلى مكنتها. كانت تخيط لباس النساء العادي و البدوي و حتى فساتين الفرنسية آخر مودة لبناتها اللاتي كُنّ يرينها اياها من المجلات المودة التي كانت رائجة وقتها بحيث لم تكن لا تعرف لا القراءة و لا الكتابة رغم انها في اخر ايامها عمدت في سنها المتقدم لتعلم ذلك. تلك لمحة موجزة عن الام اردت تحية ذكراها بها.
و هكذا قلة حيلتها و حيلة كل العائلة و قصر ذراعها ارغمني المكوث قي ذلك التعليم التقني كفِأران تجارب و حينما انتقلنا الى السنة الولى ثانوي اعادونا مرة ثانية للتعليم العام و كأن شيئ لم يكن. اربعة سنوات من عمر اطفال اهدروها عبثا. كيف سمح لهم ضميرهم ان يحبسوننا اربعة و اربعون ساعة في الاسبوع تحت وطأة احدى عشرة استاذا و ثلاثة عشرة مادة و في الاخير كأنه شيئ لم يكن. هل هذا يعقل ؟ و هذا لم يكن ليلين قلب الاساتذة ولا الحارس العام و لاالحراس كي يجنبوننا العقوبات المهينة و القاسية و لاحتى المدير يأمر باسغلالنا في حفرالحفرات ونصب اعمدة سياج الثانوية التي كانت لم تكتمل بعد. كيف لايحز في قلبهم حجزنا اربعة ساعا ت متتالية لدرس الرسم الصناعي, اللهم الا ربع ساعة الاستراحة التي كناّ نتريص فيها حرارة اشعة الشمس, في تلك الورشة (hangar ) في ذلك البرد الجليدي بدون تدفئة و بدون رحمة و لاشفقة.و كان الرسم بقلم الرصاص على الورق المقوى بحيث كنا اذا اخطأنا اعدنا الرسم كله و من اوله, تحت عقاب الاستاذ بنويس الذي لشدته لقبوه التلامبذ ب " المحبوس" و كان الاحرى استعمال اقلام الميداد و الورق الشفاف لتخفيف من وطأة العناء. كيف كان ذلك استاذ العلوم من الشرق البلاد تحت الخدمة العسكرية يصفعنا بتلك القوة البالغة على الخدين واحد تلوى الاخر كعقاب جماعي لخطأ مزمع ارتكبه الواحد منا. كنا نمكث على مقاعد الدراسة من الساعة الثامنة صباحاً الى الساعة السادسة مساءاً يتخللها ساعتين للغذاء كانت بالكاد تكفي لاخذ تلك الوجبة لان الثانوية كانت على اطراف المدينة و لم يكن حينها اي وسيلة النقل. و من العقوبات التى كانت تبكينا دماً ان نرغم ان نأتي يوم الاحد الذي هو يوم عطلة و نمكث في الثانوية تحت حراسة حارس اليوم كله او نصفه. و عندما ابتكروا فكرة تقديم ااوقت بساعتين كاملتين بالنسبة لوقت غرينيتش فكنا نستيقظ على الخامسة صباحاً.
هل يعقل هذا....؟ و في الاخير نُوجّه للتعليم العام كباقي تلاميذ المدينة.
لهذا لم احتفظ بذكريات مع الاساتذة لأنه مرعلينا العشرات و العشرات منهم. فرنسيون من الاقدام السوداء, سوريون, عراقيون عرباً و أكراد, فلسطنيون, واخيراُ جزائريون من المدينة و من انحاء الوطن و منهم من كان يؤدي قي الخدمة العسكرية. و المواد كانت تتغير من سنة الى أخرى فهناك الميكانك و الكهرباء و النجارة و التكنلوجيا و الرسم الصناعي و الفزياء, دروس نظرية و تطبيقات في الاوراش و سائر مواد التعليم العام.

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Les vieux de la vielle.

                En cette dernière année de l’école primaire, pour les cours d’arabe, j’en découvre un autre pays et toute une cause d’un peuple, la Palestine. Cet enseignant était un transfuge au sens propre du terme d’un des mouvements armés que connaissait les palestiniens… Il venait tout juste d’un camp d’entrainement militaire ou ce qu’il semblait être.. En effet, pour nous punir il n’hésitait pas à le faire avec des coups et prises de karaté qu’il a du apprendre dans son camp. Il était un homme dont la peau très basanée, costaud mais trapu et de vue sa musculature il donnait l’impression qu’il continuait son entrainement militaire chez lui. C’étai l’image que j’avais de lui dans cette école primaire. Par la suite je l’ai connu encore plus car je l’ai eu encore une fois dans mon cycle moyen et encore une fois à nous enseigner une matière dans ma Terminale. IL s’appelle Brahim. Mais contentons nous de cette époque là. Il faut reconnaitre que ces prises de Karaté, il ne les a utilisé qu’une fois ou deux et cela a suffit pour que la classe se tienne tranquille pendant toute l’année. C’était l’arabe. 
Le français c’était toute une histoire qui a vu intervenir à la fin de l’année un personnage assez connu dan nôtre ville. Au début et ne finissant pas l’année, c’était une dame qui s’appelle Mme Slimani. Elle était déjà enceinte à la rentrée. Et comme elle a du avoir des complications dans ses grossesses, alors elle s’absentait souvent et elle a fini par nous abandonner car son bébé arriva à terme. Tout ce que je me rappelle d’elle est que qu’elle passait son temps à se chamailler avec certains élèves qui étaient très âgés dans notre classe. Et une fois partie cette dame, le fameux enseignant entra en scène. En fait il était en même temps le nouveau directeur de l’école. Ce bonhomme m’a posé toujours un problème de communication. Allez croire déjà à cet âge qui arrive mes 12 ans, c’est-à-dire à l’orée de l’adolescence, il m’a donné cette impression que seul un adulte aguerri pourrait en avoir le genre. Imaginons un adulte bien rompu par son âge, se comporte avec des enfants d’une manière hautaine et fanfaronne comme s’ils étaient des gens de son âge. Cela me donna un grand problème dans ma tète et mon cœur et jusqu’à ce jour j’éprouve la même attitude que j’avais enfant à son égard. Je dis un problème, parce qu’à cette époque je ne pouvais pas expliquer son comportement insensé et ridicule et cela me gênait et me donnait un embarrassent immense. Un enseignant, on peut l’aimer ou ne pas l’aimer, celui là je n’arrive pas à expliquer ce sentiment que j’avais envers lui. Je vais tenter de le faire mai je ne sais pas si je vais y arriver. Tout d’abord une fois partie, la dame pour cause d’accouchement, il prit en charge lui-même, le directeur de l’école, la classe pour remplacer l’enseignante. Une initiative incomprise car ils n’y avaient pas mal d’enseignants qui pouvaient le faire. Et puis l’examen d’accès à la première année moyenne n’était pas un examen proprement dit, c’était un concours d’accès sans plus, c’est-à-dire presque tout le monde aller accéder au lycée ou presque seule la moyenne qui fait la différence. C’est un zèle qui était vraiment incompris. Et pour comprendre le but, il faut connaitre l’homme. Son but était de dire par la suite que c’est grâce à lui qu’on a eu notre examen, et on devait lui être redevable pour cela, à vie. Et si jamais on rencontre des années après, cet enseignant-directeur, on doit s’en rappeler qu’il était notre maitre d’école, le grand professeur et on doit le vénérer tel des disciples à leur maitre. Dans une rencontre professionnelle avec cet enseignant, des années plus tard, et qui avait et depuis longtemps quitté l’enseignement pour le monde des affaires, et en exprimant un point de vue qui n’a pas du lui plaire, et le rencontrant le lendemain, le connaissant sensible, j’ai du lui dire qu’il n’avait pas à s’en faire trop de mon intervention, alors sa réponse a été encore une fois des plus paternaliste, qui se résume à : « Ne peut battre l’entraineur de boxes que son propre boxeur »(sic) significative de cette attitude. Trente ans après il se voit toujours mon entraineur, c’est à dire l’enseignant. Bien étendu par politesse je ne lui ai pas répondu sur cette remarque hautaine, paternaliste et réductrice.
Je ne nie pas que notre savoir n’est du qu’aux différents enseignants que nous avons eu dans notre vie scolaire, et que j’en éprouve que considération et gratitude à leur égard, en guise de reconnaissance, mais cela demeure un hommage rendu à l’ensemble et en bloc à cet encadrement qui nous a permis d’acquérir le savoir. En singulariser un, d’entres eux, c’est diminuer le mérite des autres. Cela en théorie. En pratique, cet enseignant nous a pris en charge les derniers jours avant l’examen c’était presque des révisions de cours plus qu’autre chose. Et puis si, étant, moi-même, mal à l’aise dans la clase avec lui je devais de mon coté plutôt me rabattre sur les annales pour m’en sortir. Ce que j’essaye de faire ici n’est pas du tout gentil, je le sais, Je tente de réduire ses efforts à presque du néant, en réponse à la démesure astronomique qu’il a fait lui même de son apport individuel, toutes proportions gardées, dans un grand ensemble. Et puis l’absence d’humilité entraine à la dénégation et l’ingratitude. Je ne vais pas trop m’étaler sur ce penchant que j’ai observé souvent dans les relations sociales. C’est un caractère ravageur source de grande incompréhension productrice de manque de communications et finalement entrainant un blocage total de toute avancée dans le développement d’une action dans la société. 
Mais ma main me démange quand même d’en dire un mot sur ce personnage, qui représente, il faut le dire, tout un modèle-type d’une certaine catégorie de gens dans notre ville.. Cette catégorie se caractérise par un certain degré d’instruction appréciable mais en même temps une limite intellectuelle assez marquante. Une contradiction qui pose un vrai problème.. Comment réagir et se comporter vis-à-vis d’une personne qui à la fois sait lire et écrire paraissant détenir un savoir et en même temps expriment des pensées rétrogrades et révolues qui datent d’une période de décadence culturelle. Je frise là peut être, le bord du procès d’intention, diront certains, et pourtant m’estimant avoir le sentiment d’appartenance bien ancrée dans cette société, j’ai tendance à qualifier mon point de vue plutôt dans le chapitre de l’autocritique que la critique simple et dénigrante. Et puis je n’ai aucune prétention d’objection de conscience autre que celle d’exprimer des idées fruit de perceptions purement personnelles sujet à correction et révisions et donc à polémique.
Pour comprendre ces mystérieux personnages il faut chercher l’origine de cette attitude dans l’erre coloniale. En effet, la population de notre ville du temps du grand colonisateur, voyait une minorité qui a eu la chance de s’alphabétiser et de connaitre une degré d’instruction qui ne dépassait guère le cycle moyen puisque il n’a y avait même pas un lycée pour permettre un certain approfondissement de cette instruction et ceux qui ont réussi à traverser le cap du collège, il devait allait poursuivre leurs études secondaires dans une autre ville que la notre, où il y avait un lycée. Ce niveau d’instruction aussi limité qu’il soit, leur a donné un rang social, dans une société dont l’écrasante majorité était analphabète. Tant que la population demeurant à ce stade d’analphabétisme, ils pouvaient s’égorgeur du mérite de ce rang, mais la démocratisation de l’enseignement après l’indépendance, qui a permis une instruction en masse et l’éclosion d’une nouvelle génération, qui dépassait le stade du cycle moyen a un peu fait vibrer leur rang dans la société. Ils auraient bien accepté d’en être délogés de ce rang si la nouvelle génération d’instruis étaient de taille à concurrencer leu propre instruction du point de vue pratique et objectif. Mais hélas ce n’était guère le cas puisque cette génération fruit d’une démocratisation à outrance, où les examens devenus de simple concours d’accès au paliers successifs du cursus scolaire et l’arabisation aidant dont l’encadrement était constitués par des coopérants du Moyen Orient qui viennent de pays sous-développés , dont la qualité pédagogique laissait à désirer, une génération arabisée qui ne maitrise ni l’arabe ni le français, n’étaient pas capable de les destituer objectivement que d’une manière formelle par les titres et diplômes distribués à tort et à travers. Cette situation a provoqué en eux un rejet systématique de cette génération par un repli sur eux même, manifesté par une arrogance et un mépris. Et cet état de fait est constaté surtout dans l’administration qui est francophone par excellence résultat d’une conséquence de la colonisation.. Cela a engendré beaucoup de conflits subjectifs, des uns qui voient dans les autres des jeunes diplômés sans savoir pratique et réel et les autres dans les uns, des non diplômés d’un niveau scolaire limité qui veulent imposer leur dictat. Et le dénouement ne s’est advenu que par les lois de la nature quand la première génération a vieilli et s’est vu partir en retraite.
Bien entendu les titres et le diplômes scolaires doivent avoir leur importance dans une société signe d’un respect d’une des valeurs qui doit régir une société qui aspire au développement. Si la démocratisation a engendré des tares et des anomalies dans la formation et l’instruction au sens de culture il en demeure que ces diplômés ont quand même acquis une instruction au sens d’apprentissage très appréciable. Et s’ils ne réussissaient pas à s’imposer, par exemple, aux vieux de l’administration c’est parce que l’administration n’a pas connu une évolution et une émancipation dans son fonctionnement. Les vieux de l’administration d’un niveau réellement limité, ont tout fait de faire stagner le fonctionnement de l’administration dune manière sincère et non prémédité car leur connaissances sont resté au premier stade de leur premier apprentissage. Ainsi on verrait par exemple un Ingénieur d’état nouveau promu se planter dans la rédaction d’un PV de réunion ou une correspondance, que le vieux de l’administration en a été rodé des années durant à les rédiger. Et la responsabilité de cette situation ne relève ni des premiers ni des seconds, c’est tout simplement le manque de formation et de recyclage continus qui doivent être le socle de fonctionnement de toute administration ou entreprise. Et comme notre administration en faisait la règle que d’expédier les affaires courantes à l’infini, qui aurait pensé à former et recycler, si aucun feedback ni sondage ni enquête n’ont été fait sur son efficacité. Et pour ce faire, il faut d’abord revenir à la mission première de l’administration, celle de l’offre de service.

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Butagaz

                  Entament ma cinquième année primaire, soit démuni par ces attaques sans précédent à mon petit égo d’enfant ou nourris par ces expériences de natures spéciale, je découvre pour la première fois un pays que j’en avais pas encore entendu parler, l’Égypte. En effet notre enseignant d’arabe venait d’Égypte et ne ressemblait à aucun de nos enseignants qui nous étaient familiers sur tous les plans. Tout d’abord la physionomie, car cet enseignant était gros, et les personnes obeses dans mon entourages étaient rares. Au contraire toute la population de notre ville et celle de tous le pays reflétait une sous-alimentation criarde sortant des années de misères du colonialisme et un état qui perdura encore des années durant la postindépendance. Ce trait de cet égyptien avait vite fait le faire porter le surnom qui sied à son embonpoint par les élèves, Butagaz, du nom de la bouteille de gaz butane qu’on commercialisait à l’époque qui avait une forme cylindrique et ronde et dont la forme persiste jusqu’à aujourd’hui même si la marque a disparu. Il s’appelait Abourizk, par contre il maitrisait très bien l’arabe et était vraiment à l’aise dans son travail, il nous a appris ces difficiles grammaire et conjugaison de l’arabe avec dextérité. Il paraissait avoir de l’expérience dans l’enseignement étant plus âgé et venant d’un pays connu déjà par ses illustres hommes de lettre que j’ai découvert par la suite. D’ailleurs ne disait on pas que les égyptiens écrivaient, les libanais éditaient et le irakiens lisaient...A cette époque notre pays était encore dans ses balbutiement dans le monde de la littérature arabe. Tout le contraire de celle française, qui avait déjà une grande longueur d’avance par ces nombreux illustres auteurs qui ont entamé dés la période coloniale un courant littéraire qui continua par la suite et meubla le gros de mes lectures à une certaine époque .L’arabe était pour nous l’apanage des adeptes des sciences religieuses à petite échelle, à travers ces petites écoles coraniques où on faisait apprendre à réciter le Coran par cœur, seulement rarement plus. D’ailleurs les premiers enseignants qui nous apprenaient l’arabe à l’école venaient pour la plupart de ces écoles. Quant au reste des enseignants de l’arabe, ils venaient des écoles relativement structurées créées à travers le pays par ce grand mouvement des Ulémas Musulmans dont l’origine première venait de cet grand homme politique et homme de science, Jamal Dine Al Afghani qui a marqué le monde musulman malade à l’image de de l’empire ottoman qu’on disait autant de lui, par lui insuffler toute une reforme dans ses croyances religieuse séculaires et politiques qui a permis à son demi réveil par la suite. Ce mouvement était représenté dés les années 20 du dernier siècle justement par ces Ulémas Musulmans dans le pays mené par Cheikh Ibn Badis. C’est de là que venaient les autres enseignants d’arabe de nos écoles. Ils venaient de ces écoles appelées Medersa, et que j’avais visité une fois la seule et unique qui existait dans notre ville bien avant de rentrer à l’école, accompagnant un jeune voisin qui fréquentait cette école… Je voulais m’y inscrire mais je n’avais pas l’âge requis car j’avais à peine cinq ans. Mais dans notre ville ce mouvement n’était pas tellement en vogue, et je dois dire qu’il rencontrait bien, une forme de résistance. Les croyances traditionnelles de la religion étaient profondément ancrées surtout dans nos campagnes pour voir dans ce mouvement, une tentative de subversion sur ce statut particulier qu’avaient le différents Taleb dans notre ville et campagne. Et pour rejeter telle ou telle idée qui allait à l’encontre de ces croyances établies, on n’hésitait pas à qualifier son porteur de Badissi, relatif à Cheikh Ibn Badis, ce qui veut dire que c’est un étranger à nous et nous ne sommes pas prêts à l’accepter.
Butagaz, notre enseignant égyptien, avait une drôle de façon de nous punir. Pour ce faire soit il taclait carrément aux tibias avec ces godasses ou nous tirer des cheveux de la tempe en les soulevant vers le haut jusqu’à les arracher et cela faisait vraiment mal. Moi, j’ai eu la chance de ne pas subir ce genre de punitions car à mon habitude j’étais un élève tranquille en classe et j’aimais bien ce qu’il nous apprenait. Et puis étant un étranger ils nous voyaient d’un œil indiffèrent vis-à-vis de nos conditions sociales respectives. Il n’avait pas cette subjectivité à traiter l’un ou l’autre selon le statut de leur famille dans la société. Quant au français c’était K, qui venait tout les matins ivre mort mais il avait une manière de nous encourager à travailler surtout en calcul de sorte que il proposait 50 cts à celui qui résous un problème de calcul. Il était correct. Je ne l’ai pas revu depuis cette époque et je ne sais pas ce qui est devenu. Ainsi s’acheva la cinquième année pour laisser place celle autre année charnière du cursus scolaire, celle de l’examen du 6eme.
En fait cette année a connu l’installation d’un nouveau directeur d’école. Un personnage assez connu dans notre ville fait partie d’une catégorie de gens que j’ai eu du mal à m’adapter de leur mentalité.

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La cité Administrative

                 Ce jour m’était un peu particulier. On disait qu’un ministre aller venir à notre ville pour voir un lycée qui était construit dans la périphérie de la ville. Je ne savais pas c’était quoi un lycée puisque dans notre ville il n’y avait aucun édifice appelé ainsi et je découvre à la fois le mot et l’édifice. Si le mot a ressui à trouver une signification dans ma petite tête, l’édifice et surtout ce lieu où on l’a construit, je le trouvais un peu bizarre. 
En effet, tout petit et pour arriver à cet édifice qui était déjà construit on doit pratiquement sortir carrément de la ville pour y accéder.. La ville s’arrêtait à la porte de la Redoute, celle qui comporte l’inscription Porte de Tiaret. Dès qu’on la traverse, après avoir subit l’odeur de la cuisine de l’hôpital, c’est la caserne seule construction qui se pointe à nos yeux et qui nous était assez familière. Mas hormis la caserne, on rentre directement dans la campagne de la ville, déjà en face de la caserne, une ferme avec bétail et chevaux, passé cette ferme, dans une route battue, un peu plus loin c’est une autre ferme qu’on appelait, Ferme Mazouni, qui était marquée par sa moissonneuse rouge toujours parquée dans ses alentours, une fois passé cette ferme, on arrive au fameux lycée.
Allez savoir et faire comprendre à l’enfant que j’étais que cet édifice appelé lycée était un lieu où des jeunes allaient faire leurs études quand moi je n’étais qu’au primaire. Et on nous disait qu’une fois fini avec votre école primaire, et eu votre examen de 6eme, c’est là qu’on allait étudier. Je ne trouvais pas cela encourageant car traversant chaque jour les champs de blés et surtout ces champs de roseaux (Klakh) pour aller étudier, ce n’était pas évident pour moi. Et vint ce jour qui annonça l’arrivée de ce ministre et tout d’un coup, la route battue qui menait à cet édifice devint route goudronnée. Et après inauguration, cette zone qui était déserte et qui nous servait qu’à la chasse des moineaux et les cailles avec ce fameux engin de chasse, ce manche de bois aux hyper-élastiques, elle se transforma en un axe très animé par les élèves du lycée dès la rentrée scolaire suivante. Cette animation a fait oublier le décor campagnard du voisinage du lycée. Bien que quelques mois après on entreprit le construction du nouveau stade. Et finalement le premier projet digne de ce nom qui allait structurer toute cette partie de la ville, la cité administrative.
Cette fameuse cité administrative, est d’une conception architecturale très moderne digne d’une ville de l’Europe. L’ingéniosité de l’architecte dans sa conception lui a donné un aspect global de façon à suggérer l’invitation de ses visiteurs par sa forme convexe accueillante sous une forme courbe en arc de cercle, une idée originale. Le traitement de sa façade est composé d’éléments verticaux séparant des ouvertures en fenêtrerais qui couvrent la totalité de la surface des immeubles de tous les cotés. Le tout est composé de bloc à en R+3 qui se répètent accolés l’un à l’autre formant un ensemble qui se courbe au fur et à mesure, en arc de cercle allant du sud vers le Nord. Chaque bloc est indépendant de l’autre, dont l’entrée est marquée par compartiment en saillie en rez de chaussé qui est venue casser la monotonie de de l’ensemble qui paraissait uniforme si ce n’est la courbure. Cette saillie compose le vestibule d’entrée s’ouvrant par des baies vitrées allant sur toute sa hauteur. L’intérieur est composé de bureau articulé selon des couloirs de distribution parallèles à la direction générale de l’ensemble. L’ensemble donne l’impression de se rompre et continue de l’autre coté de la rue, avec cette idée originale comme si on suggère qu’on a coupé un morceau de tout l’ilot administratif, pour le faire continuer de l’autre coté où siège le Trésor. Tout cela se voyait dans une vue panoramique dès qu’on dépassait la caserne en allant au lycée. 
Le choix du site et le but recherché à coup sur de l’architecte de la cité administrative était d’occuper ces terrains vagues qui séparaient le lycée de la ville en créant tout un pole d’attraction. Ainsi a été bâtie la cité administrative d’un coté de cet axe d’animation déjà existant, desservie par le rue qui mène au lycée. 
Qu’en est-il aujourd’hui ? 
Une clôture qui entoura tous ces édifices publics comme si on essayait de les protéger de je ne sais quoi quand au contraire c’est à eux, ces édifices, symbole d’état qui doivent donner un sentiment de protection aux citoyens… Une clôture qui délimite pratiquement tous les services représentatifs de l’état, dont on y accède par une porte de 80 cm de largeur. C’es le comble de l’humiliation que peut sentir un citoyen vis-à-vis de ce mépris sans égale mesure… A commencer de cette porte déjà, on y a posté un planton, une fois passé cet écueil, on arrive au Bloc administratif qui connait un planton à sa porte, ce bloc regroupe deux à trois administration et chaque administration a posté un planton à son palier et un autre au seuil de la porte du bureau de son premier responsable. Quand on fait le décompte on se retrouve à près de 4 plantons pour arriver au premier responsable de cette administration. Et quand on vit des années durant dans cette situation, le fonctionnaire et le citoyen acquiert consciencieusement ou inconsciencieusement cette culture citoyen-sujet. Toutes ces décisions de confinement sont prises contre le citoyen et non pas pour lui, reflète le rapport qui existe entre l’administration et ses administrés. Ainsi cette culture est affirmée par le langage courant du responsable qui parle de son bureau, de son service, de sa Wilaya enfin de son administration, à laquelle répond le citoyen-sujet, par votre bureau, votre service, votre Wilaya enfin votre administration.
Et le hic dans tout cela, cette gabegie a fait que les élèves accèdent à leur lycée par un passage aménagé comme une servitude de secours longeant toute la longueur que fait la cité administrative, comme si, le jour où on a décidé l’installation de cette clôture, on s’est rappelé à la dernière minute que cette rue, qui mène au lycée qu’ils avisaient de l’éliminer, desserve chaque jour plus d’un millier d’élèves et pourtant au départ cette rue était destinée au Lycée et la cité n’est venue qu’en second lieu. C’est une agression caractérisée qu’on a commise là, au su et vu de tous les citoyens. Ce passage là, des lycéens ne devraient être autorisé ni par les services de police ni par les services de protection civile de vue les risques d’agression et le problème d’évacuation en cas d’accidents. Et sa situation entre le stade et la cité, sous forme d’un couloir long, a un impact psychique certain sur le comportement de ces adolescents. Ce n’était guère le souci de l’administratif décideur.
Ce n’est pas qu’une seule caractéristique des fonctionnaires dans notre ville et tout le pays, mais sa définition elle-même du fonctionnaire par excellence. Un fonctionnaire dans notre société, est synonyme du, serviteur-aumônier, car pour lui il ne fait que rendre ce service gracieusement pour lequel il est bel et bien payé. Il est totalement confondu avec cette attitude qui explique son comportement vis-à-vis de tout administré. 
D’où vient cette attitude devenue règle dans notre administration ? Nos décideurs qui ont grandi dans et imbus de cette administration, ils opposent le terme de bureaucratie, à cette attitude, c’est-à-dire dans la multiplication des documents et les visas sur ces documents, ce qui est totalement faux. Dans le monde, l’administration française est connue par cette bureaucratie par rapport surtout à l’administration anglo-saxonne, mais y a-t-il quelque chose de comparable dans l’administration algérienne et celle française ? Aucune. L’administration française est celle d’une puissance mondiale. Donc il n’y a rien à comparer. Notre administration tire son origine d’ankylose, dans une autre culture produit d’un système politique général, pris ici, au sens de gouvernance dans et non pas au sens de pouvoir.
En effet ceux qui ont jetés les bases de cette administration, avaient à l’esprit d’ordonner un vie sociale qui était sujet au chaos général à tout moment. C’est l’ordre qui devait être gravé aux frontons de tous ces édifices. Qui dit ordre dit discipline et qui dit discipline dit soumission aux règles de ces disciplines et pars là, à ceux qui veillent au respect des ces règles. C’est le système globaliste totalitaire par excellence pas forcement dictatorial. A force de forger ce principe à travers la population et sous le poids de l’analphabétisme postcolonial, la soumission aux règles qui sont arrêtées se transforma en une soumission feinte à ceux qui veillent au respect de ces règles. Pour un citoyen analphabète, qui ne sait pas lire les textes de ces règles mais il sait qu’il n’est pas sensé les ignorer, il y a que le fonctionnaire qui doit les lui faires savoir, cela par évidence et par ricoché toute demande ou exigence du fonctionnaire est confondue par demande et exigence de ces règles.
Cela prouve bien que la disposition du respect des règles par les citoyens est bel et bien présente, ce qui élimine cette hantise des premiers décideurs de voir la population sombrer dans le chaos par transgressions des règles.
Ainsi confondues les règles avec ceux qui doivent veiller à leurs respects, les fonctionnaires, le citoyen se trouve totalement se plier aux ordres du fonctionnaire plutôt que les règles elles même et mêmes s’il s’y soumettait par ignorance de lecture des ces règles en raison de l’analphabétisme ambiant au départ, il a continué à le faire même après que la population ait acquis un degré d’instruction appréciable. En fait, cette situation a été engendré par deux phénomènes,
- tout d’abord le temps que le citoyen devient alphabétisé, le fonctionnaire avait déjà pris le statut de celui qui est le seul à connaitre les règles et donc le seul à les dicter… 
- L’autre phénomène, et qui à mes yeux est le plus déterminant et qu’on appelle par euphémisme, le manque de transparence, est la non divulgation des règles à respecter. 
En effet, le fait marquant de notre administration est l’absence totale de la communication de l’information sur les règles. Et pourtant pour chaque règles décrétées, il est joint systématiquement dans son édit même, la phrase phare qui dit que telle règle doit être publiée sur tel ou tel support, et qu’elle serait nulle et non avenue si elle ne le serait pas. Pire même, le fonctionnaire lui-même n’est pas au courant de ces règles qu’au gré du temps passé de son ancienneté dans sa fonction, ancienneté qu’on confond avec l’expérience, sous forme de notes écrites internes ou instructions verbales de son chef hiérarchique direct. Et tout marche ainsi…Cela explique pourquoi nos administrations ne répondent jamais aux doléances écrites de nos citoyens et lorsqu’elles le font, c’est une réponse sommaire conclue par l’avis à donner sans aucune référence claires et nettes aux textes qui ont motivé cet avis. 
Tout fonctionne dans un vase clos, les grandes règles et la manière de leur application sont publiées dans le Journaux Officiels qui, il n’y pas longtemps n’étaient disponibles qu’aux initiés et à un prix exorbitants pur les particuliers et non administratifs. Ce qui est en soi une aberration, parce que n’importe quel citoyen peut arguer à un juge qui lui oppose la fameux dictat « nul n’est sensé ignorer la loi » par lui répliquer qu’il n’a pas d’argent pour connaitre la loi et c’est une opposition qui tient juridiquement. Car les règles pour être respectée doivent être connues d’une manière aisée et gratuitement. Mais cela n’est valable que pour les grandes règles les lois et décrets législatifs, l’administré est plutôt sujet, le plus souvent, à des règles sous formes de notes internes et instruction instantanées cumulatives et contraignantes qui ne sont publiées sur aucun support à diffusion publique.
Ce sont les fameuses notes et instructions du fond des tiroirs. Donc elles ne sont connues que par les fonctionnaires et le citoyen doit se fier aux fonctionnaires pour leur véracité, leurs existences même ou leur adéquation. De cette manière, la définition du fonctionnaire même demeure confuse, puisque pour le citoyen, toute personnes se trouvant dans une administration doit forcement connaitre ces règles et il est donc fonctionnaire. Un planton, posé à la porte d’une administration remplit le statut du fonctionnaire de l’administration puisque c’est le premier qui fait respecter la règle qui dit, que pas n’importe peut entrer dans telle ou telle administration, et pourtant cette règle n’a aucune existence légale, ce n’est qu’une note ou instruction et la plupart du temps verbale, mieux encore ou pire, le planton une fois installé dans son poste, son premier savoir administratif et première mission est de ne laisser aucune personne entrer. Et pourtant toutes les règles fondatrices d’une administration est de permettre justement l’entrée libre, c’est-à-dire la réception d’un citoyen en toute liberté pour avoir le service que cette administration a été créée pour. 
Ainsi le planton joue de facto le premier rempart auquel se heurte le citoyen.
C’est l’ordre sacré de notre administration. Un ordre que le citoyen doit s’y plier. De ce fait l’administration qui devrait être un simple moyen au service du citoyen devient toute une institution sacerdotale dont l’accès relève de l’insurmontable. Et celui qui a accès facile à cette institution obtient un privilège dans la société. Alors on cherche par tous les moyens pour y accéder soit par clientélisme ou passe-droits comme naguère ou soit par la corruption aujourd’hui, les meurs et us étant évoluées depuis.
Et pou reformer cette administration il faut comprendre une chose. C’est que l’ordre que connait cette administration ne veut nullement dire organisation. L’ordre ne devrait venir qu’en application d’une organisation donnée. Au contraire notre administration connait une désorganisation insoupçonnée qui dépasse tout entendement dans son aberration et gabegie.
Comme exemple révélateur, on constate qu’ à part le registres des courriers entrants et sortants, aucune archive sérieuse des dossiers n’est maintenue. La durée de vie d’un dossier dépends du temps de son traitement, du suivi de son titulaire direct et surtout de la durée d’occupation au poste du chargé de ce dossier…Matériellement, le dossier peut exister dans un bureau ou dans le sous-sol de l’administration donnée, mais aucune fiche de son suivi n’a été dressé pour pouvoir le retrouver. 
C’est là que réside la différence de l’administration française et celle algérienne. l’organisation. Dans l’organisation on raisonne service, établissement et institution dans l’ordre on raisonne chef de service ou chef d’établissement et chef d’institution.
Le citoyen a affaire au chef d’administration pas à l’administration. Ainsi personnifiée l’administration, le citoyen se heurte à des difficultés qui relèvent de la nature humaine du chef et non pas de la froideur et la neutralité de l’administration. Et le fonctionnaire, peut t’aimer comme ne pas t’aimer, peut tomber malade comme tu peux le trouver dans un des ses jours meilleurs, en vacances en congés, et tout ce qui à trait à son humeur et sa disponibilité du moment, et le service escompté dépend intégralement de ces soubresauts du fonctionnaire..

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Le Fils du Commandant Bouanani

                          Dans cette même année mes soucis me parvinrent de mon enseignante d’arabe car M. Mimouni celui du français était un excellent enseignant et mes premières lettres de français, c’était lui qui me les a apprises. Mon enseignante d’arabe que je ne me rappelle même pas le nom était l’autre fille du Directeur, la première on l’avait connu dans ces fameux bavardages assez particuliers qu’elle s’y adonnait ave cet enseignant désormais de sinistre réputation. Cette jeune fille, qui a bénéficié l’aide de son père directeur pour enseigner dans cette école, ne semblait pas prête pour ce métier ni avoir le minimum de connaissances pour le faire. Et pour combler cette lacune, elle montra une méchanceté gratuite envers les élèves pour constamment les culpabiliser en les faisant comprendre qu’ils ne sont pas fait pour l’école. Un trait particulier chez elle, elle n’aimait pas ceux qui aiment l’école le comble de ironies et surtout s’ils sont pauvres. Et j’en faisais partis de cette catégorie. Ce trait l’a entrainé à faire des injustices inacceptables, quitte à noter selon son humeur ou selon le statut de l’élève dans le société. J’ai tenu le cap avec elle pendant toute l’année, à la fin de celle-ci, elle commit l’erreur qui devait hypothéquer toute la suite de mon cursus scolaire…Les cours étaient déjà finis et on attendait que le cahier de classement qui allait déterminer notre passage à l’année suivante.. On était déjà en vacances officieuses et quand en fin de journée un élève qui était voisin a moi, se planta à la porte de notre maison avec mon cahier de classement envoyé avec lui pour signature par les parents et retour, j’ai été estomaqué par mon rang du classement général qui me classait au 36eme de la classe, si ma mémoire me trahit pas c’était l’avant dernière de la classe. Cette nuit là je n’ais pas dormi du tout, toujours pleurant et m’imaginais un redoublant dans l’année qui allait suivre. Et ce n’est que le lendemain qu’une sœur eut l’idée de revoir les calculs de mes notes pour constater une erreur dans le décompte. Sur ce, elle ramena ce cahier à l’enseignante qui s’aperçut de son erreur et rectifia pour me voir sauter de la 36ème place à la deuxième. Inconcevable ! On ne peut jamais imaginer quel réconfort et joie produisit en moi ce soulagement d’une situation probable que je voyais son état catastrophique qui dépasse tout entendement pour mon jeune âge d’enfant. Et j’ai oublié tout grief senti envers cette enseignante pour lui retenir que la gratitude d’avoir reconnu son erreur et la corriger. Et jusqu’à aujourd’hui je ne sais pas si cette erreur était prémédité ou d’inattention, parce que je ne vais pas conclure le chapitre de cette enseignante sans rendre compte de cet incident qui se produisit pendant cette année qui devait être à l’origine de cette erreur si jamais elle étai préméditée. Effectivement c’était lors d’une querelle avec un élève de ma classe qui devait être le fis d’un Commandant de la révolution, dont la mère disait on, était allemande, et cela devrait être vrai car non seulement sa morphologie donnait cette impression mais aussi sa taille qui faisait presque une fois et demi la mienne bien que moi j’était de constitution chétive. Cette querelle m’entraina à lui donner un coup en lui jetant une pierre qui l’a fait saigner de son tibia. En rentrant à l’école, sans qu’il en plaint à qui que ce soit, une des maitresses de l’école qui devaient connaitre le fils de qui, constatant ce saignement elle s’enquérait et viendra me sermonner et entamer une punition et en faire toute une histoire dans l’école pour finir à aller à ma propre maitresse pour qu’elle m’inflige à son tour une punition. Cette enseignante qui s’en est trouvée offusquée non pas de ce coup que j’ai assené à cet enfant qui était anodin et courant entre élèves et qui n’arrivent jamais être rapporté jusqu’aux enseignants surtout si cela se passa en dehors de l’école ce qui était le cas. Cet élève lui-même paraissait gêné par cette réaction démesurée de cet enseignante zélée qui dont l’offuscation était surtout au statut de l’enfant de fils de dignitaire, que j’ai osé l’ignorer se comportant de la sorte. L’ameutèrent dura toute la journée d’école ce qui m’exaspéra et instruit par l’expérience de l’année dernière par cet enseignant voleur sans vergogne qui m’a ôté tout écran de respect exagéré envers des enseignants que je voyais auparavant parfait et exemplaire, alors j’ai refusé carrément l’intervention de cette maitresse qui n’était pas la mienne, et du coup j’avais compris qu’elle le faisait non pas par instinct d’éducatrice mais par instinct, de sujet social qui réagit afin de rétablir un ordre que j’ai enfreint à ses yeux, cela m’inspira que du mépris et ma réaction à cette enseignante était effronté et rebelle qui redoubla son acharnement à ne pas s’arrêter là avec moi en montant de plus belle ma propre maitresse qui avait déjà une dent contre moi pour ses propres raisons car l’élève du commandant ne lui disait rien, elle qui était fille du Directeur de l’école qui est le Maitre incontesté de toute l’école. Alerté par cette situation j’ai pensé qu’il fallait réagir et sur ce, j’ai rapporté l’incident et tout ce qui s’ensuivi à ma mère qui à son tour prit son Haik le lendemain pour m’accompagner à l’école et tenir quelques mots et pour ma maitresse surtout et à l’autre zélée. Il s’en suivit des querelles qui on frisé carrément la bagarre entre femmes, ma mère d’un coté et les autres désormais femmes et non plus maitresses de vue leur langages tenus. Cette scène je l’ai vécue à cœur joie car ma mère disait des choses qui me plaisaient dans le genre en s’adressant à ma maitresse, que si elle enseignait dans cette école ce n’est grâce à son père directeur autrement elle aurait été utile à faire de la lessive dans une des administration et à l’autre qu’elle tenait son comportement de sa mère qui la connaissant, elle est habituée à lécher les bottes, ce qu’elle a appris d’elle, lui disait-elle autrement les deux élèves ne sont pas dans sa classes et les choses entre ces deux enfants se sont passées en dehors de l’école ce qui relève de leurs parents, qu’est ce qu’il l’a poussé à fourrer son nez dans cette affaire sinon un zèle de courtisane et de frotte-manche. Et beaucoup choses du genre.
Je dis alors, si chose préméditée, elle aurait du avoir son origine dans ces scènes qui étaient dures à vivre pour les deux maitresses car j’ai fait table rase de pas mal de propos désobligeants que ma mère s’est en donné à volonté à les proférer aux visages de ces jeunes filles. N’oublions pas que je suis le benjamin de ma mère et m’a vu tout affligé par cette histoire qui a ameuté toute l’école et elle aller presque faire le tour de toute la ville, orchestrée la veille par cette maitresse. Le commandant Bounani puisque de lui, il s’agi était quelqu’un d’important dans la ville voire dans tout le pays.
Cette maitresse a connu un grand drame par la suite. La pauvre a du voir quelques années plus tard son mari se suicider dans leur propre chambre à coucher pour je ne sais quelle raison. Bien sur j’en éprouve que tristesse en pareilles circonstance et compassion car cette jeune fille a eu un comportement qui ne sortait pas du cadre général de la société et je ne vois pas là une exception pur la condamner pour autant…C’était les péripéties de que de ce jeune écolier qui devait vivre à sa façon à cette période de sa vie. Et il n’en a vu d’innombrables situations similaires. 
Instruit de ces deux dernières années d’écoles, non seulement au plan apprentissage puisque j’avais dépassé le stade abécédaires en écriture et lecture en arabe et en français, de sorte je commençais à lire des livres ailleurs qu’à l’école qui étaient destinés pour enfants surtout ébranlé par l’impact négatif sur ma vie par des enseignants qui n’ont été le moins que l’on puisse dire pas à la hauteur de cette mission noble que devrait les apporter à eux d’abord toutes les marques de considération et gratitude, ils se sont égarés par leur comportement à dévier l’innocence des enfants qu’ils devraient garder intact. Même si mon innocence à moi demeura quelque part en veilleuse car ils y avaient quand même des enseignants qui étaient corrects et éducateurs, il en reste la naïveté que teintait cette innocence commençait à disparaitre bien que pas tout à fait.. Plus tard mon enseignant de français ou ce qu’il devrait être, le fameux voleur, a vite fait quitter définitivement l’enseignement pour s’adonner à une activité commerciale en s’achetant des bus de transport , quant à l’enseignante fille du directeur, a quitté la ville aves toute sa famille pour une autre ville d’où ils étaient originaire. 
G., avait une voiture, et je racontais que je lui ai cassé son pare-brise par vengeance de ces incidents qui me marquèrent surtout celui de la gifle mais en réalité c’était faux ce n’était qu’une fanfaronnade d’un enfant qui a senti son amour propre égratigné par cette gifle injustifiée et extrêmement injuste. 
Plus tard en grandissant, G et après l’avoir complètement oublié, il resurgit soudainement pour alimenter nos histoires de jeunes amis, par des nouvelles qui relèvent du chapitre des écrits à caractère exclusivement adulte.

 

 

L’année des grandes neiges

               La rentrée d’école qui est un évènement grandiose pour chaque enfant, pour moi je l’ai vécu comme si on m’a jeté dans une mer, et de peur d’être noyé, alors je me débattais tout seul, ne sachant quoi faire, et essayer de répondre à mon instinct de survie, de la même manière j’ai appris la nage dans la piscine en entamant mes premiers gestes de nage. En fait quand j’y pense c’est exactement ce qui s’est passé quand j’ai appris à nager au sens propre du terme. 
Notre école avait un directeur qui avait un handicap contraignant, on dirait un personnage tiré du roman « le petit chose » d’Alphonse Daudet, il marchait courbé presque plié en deux, tète basse, et pour te regarder, chose qu’ils n’avaient pas besoin de faire avec les enfants puisque pour nous, il suffit de le voir pointer pour deviner ce qu’il voulait, c’était avec les adultes généralement des enseignants qu’il tentait de faire cet effort de soulever sa tête pour regarder son interlocuteur. En réalité sa tête se mouvait à peine ce n’était que ses yeux qui pointaient son regard vers le haut. Bien entendu je constatais ce manège de loin. En plus de cet handicap oh combien ! contraignant, il ne paraissait pas être de bonne santé, maigrichon, portant un manteau noir en cachemire à longueur d’année scolaire. Il ne parlait guère et quand il le fait on arrive à peine à entendre sa voix. C’était l’image que j’ai retenu de lui pendant mes années scolaires qui n’a pas réussi à affecter celle que j’ai eu de lui le premier jour où je l’ai rencontré. C’était bien avant la rentrée scolaire ce jour là où ma mère m’emmena pour m’inscrire pour la rentrée de l’année suivante. Restant assis dans son bureau pendant qu’une fille de l’administration était de faire les démarches de l’inscription, alors lui qui était assis derrière son bureau, donc je ne voyais pas son handicap, me voyant chétif ne faisant pas l’âge donné par mon extrait de naissance, alors il m’avait demandé si vraiment je voulais rentrer à l’école, chose à laquelle j’ai répondu promptement par l’affirmative, alors il s’est levé pour faire le tour de son bureau et ce n’est que là que j’ai vu son handicap, il me prit de la main et me fait sortir du bureau pour traverser de nouveau tout le hall qui nous a fait entrer mais en direction inverse de l’entrée et m’emmena à la cour pour voir les élèves y jouer. Et me dit, de cette voix basse et presque inaudible si ce n’est mon extrême concentration et excitation de cette image, qui m’a fait comprendre qu’il me disait « Voilà l’école que tu vas rejoindre ». Ce geste de cet homme qui plus tard est passé presque inaperçu pendant tous le temps de ma vie scolaire, me resta inoubliable par sa bonté et d’égard que j’ai trouvé particulier qu’il m’en a montré avec cette disponibilité qui s’est avérée rare par la suite dans cette école.
Le jour de la rentrée, se passa comme si c’était un jour de l’aïd que toute la famille l’a vécu tout autour de moi, drapés de mes nouveaux habits achetés pour la circonstance. Arrivé à l’école accompagné par ma mère, et une fois dans la cour et après nous avoir accroché un écriteau en papier sur notre poitrine indiquant notre nom alors ils nous alignèrent en rangée tout en nous faisant avancer en procession jusqu’à chacun de nous à arrive à une table, où était assis le Directeur qui nous tendit un biscuit avec un sourire et ainsi il déclarait le baptême de notre premier jour d’école. Pour l’enfant que j’étais c’était le moment de rêve longtemps attendu.

Ce Directeur avait deux jeunes filles qui les a fait travailler à enseigner dans son école. En effet presque touts les enseignants de l’époque n’avaient aucune formation qui peut les qualifier à enseigner… Les jeunes venaient de toute part pourvu qu’il sache lire et écrire. C’était un passage obligé dans cette période postcoloniale. Malheureusement cette situation dure jusqu’à aujourd’hui. Et il suffit d’avoir un diplôme pour prétendre enseigner et pire en encore à une certaine période, tous ceux qui échouaient à accéder un palier supérieur requis par un examen, était candidat à l’enseignement. Ainsi mes enseignants étaient sujets à mes jugements les plus sévères, tellement je voyais dans le maitre d’école, l’érudit qui devrait être exemplaires sur tous les plans… Tantôt épatés par les uns et tantôt déchanté et déçu pas d’autres.. Et pourtant ils étaient que des jeunes d’à peine 19 ans d’âge qui devaient faire l’effort de réussir leur tache d’enseigner.. Nombreux qui ont trouvé une vocation et s’y sont attelés avec passion mais d’autres, ce n’était vraiment pas leur place… Pendant ma première et deuxième année d’école nous avions droit qu’à un seul enseignant qui nous apprenait à écrire et lire en arabe. Dans ma première année j’ai eu le privilège d’avoir un maitre d’école qui se fit connaitre dans la ville par la suite dans un autre registre que l’enseignement. Tout le monde dans notre ville a en mémoire Si Rasmal, cet imam qui officiait dans la Nouvelle Mosquée, et qui a été connu par ses fonctions et connaissance poussée dans les sciences religieuses. Il inspirait du respect du vrai Imam Alam avant que la ville et le pays entier, connait un autre genre d’imam. Mais là c’est une autre histoire tragique de notre ville et du Pays.. Mais si tous le habitants de la ville connaissent Si Rasmal, avec sa gandoura et turban légendaire bien serré dans sa tête, pour moi Sidi Rasmal, c’est comme cela qu’on appelait nos maitre d’arabe, était un homme longiligne habillé toujours en costume et cravates, avec les cheveux très long tirés à l’arrière, lisse et je crois même qu’il les ouignait au Pento, un tube de pommade pour cheveux que les jeunes d’aujourd’hui appellent gel. C’est la seule image que j’ai gardé de lui, bien que je l’ai vu par la suite dans ses autres apparats.
A propos de Si Rasmal je dois bien rapporter un incident qui me resta au travers de la gorge, pendant toute mon enfance. En effet c’était au cours de cette première année d’école et en un jour de fête de l’un des deux Aïd que nous avions, pendant que j’étais assis avec mon frère dans la rue et en voyant Si Rasmal passer, j’ai couru l’embrasser et lui souhaiter bon Aïd comme on a appris à le faire pour chaque Aïd, il m’a embrassé à sont tour tout en me soulevant à lui car il était de grande taille, et en me libérant il m’a donné 100 centimes, Ichrine Douro en une seule pièce, une pièce qui valait son pesant d’or pour un enfant à l’époque, revenu à mon frère il m’a pris ma pièce et m’a donné que 10 centimes.. Je n’avais rien dit, j’ai trouvé cela le plus normal du monde ce n’est qu’après voir appris la valeur de l’argent que j’ai senti une immense révolte de ce vol caractérisé.
Venons à notre sujet des grandes neiges. Cette année de ma rentrée d’école était marquée par un évènement naturel exceptionnel de ma ville. En effet c’était un jour d’école, pendant que nous étions comme d’habitude en classe, il avait commencé à neiger, et en sortant nous avons trouvé la cour déjà couverte d’une bonne couche de neige et une fois sortie de l’école, avec cette joie naissante de l’avènement de la neige, je me heurte à l’image de toute ma famille qui était entrain de m’attendre à la sortie de l’école. Cela m’alerta et me plongea encore plus dans une grande incompréhension lorsque je me suis enquéri de cette présence inhabituelle et exceptionnelle de ma famille, en m’apprenant que la raison était la neige. Incompréhension car les chutes de neige étaient pour nous un évènement d’hiver normal et régulier.. On était déjà habitué à la neige et on savait pratiquement même enfant toute les périodes où devait neiger dans notre ville. On avait les neiges des grands froids de l’hiver entre Décembre et Janvier qui tombaient relativement en quantités et couvraient le sol d’un tapis qui allait de 10 cm parfois atteindre les 30 cm. On en avait pas école pendant ces neiges là et on en profitant au maximum de jouir de ces moments. Et puis il y a avait des épisodes de neiges qui donnaient une légère couverture du sol et ne duraient pas longtemps, c’était une fois en Février et une dernière fois en Mars pour annoncer l’avènement du printemps. Les flocons de neige de chaque épisode était différents, si ceux de l’hiver, étaient gros et imbibés de beaucoup d’eau de telle sorte s’ils n’avaient pas été en grande quantité, ils allaient se dissoudre pratiquement au contact de sol et ne réussissent pas à accrocher et faire un tapis. Ceux de mars au contraire, c’étaient des flocons rond et durs, contenant peu d’eau liquide, ils tombaient en petite quantité mais tenant bons au sol pour former une couverture. Le tapis de la neige de mars n’était pas épais, et lorsqu’on marche dessus, la neige s’aplatit et s’écrase sous le poids de notre pied en donnant un son qui raisonne jusqu’à maintenant dans mes oreilles. Un bruit sec et étouffé qui rappelle le son que faisaient les pieds marchants dans les chaussures en caoutchouc que portaient certains enfants l’été. (Zit Zit ! ) .Au contraire de la neige d’hiver qui en marchant dessus, elle s’éclaboussait de part et d’autre du pied. Quand à celle du Février qui était capricieuse, elle ne réussissait pas à donner une grande couverture dans la ville et elle persistait quelques jours qu’on voyait de loin dans les cimes des deux chaines de montagne qui entourent notre ville.
Ainsi donc habitué à la neige je trouvais étrange que mes parents se pointent exceptionnellement à mon école pur me raccompagner à la maison. Malgré les explications qu’il s’agissait de neiges vraiment uniques dans leur genre dans la ville, explications données en cours de route vers la maison, ce que j’ai bien constaté en sortant de classe, dans la cour de l’école qui était déjà couverte d’un tapis de plus de 15 cm, mais cette constatation ne m’a donné que du plaisir en se disant que les jours de neige vont être plus longs pour en pouvoir en profiter le plus. Et ce n’est que par la suit que j’en ai pris conscience de l’étendue de cette catastrophe naturelle qui était entrain de prendre forme de jour en jour. La neige n’a pas cessé de tomber, d’ailleurs dès le deuxième jour, la sortie au dehors était impossible… L’électricité a vite fait de partir. On vivait la nuit qu’à la lumière de la bougie et qu’on devrait en économiser au maximum. Les denrées commençaient à se raréfier. On se chauffait qu’avec du bois dans un foyer de cheminée que nous avions, et un Majmar, un récipient en terre cuite qui contenait du charbon de bois maintenu constamment en braises, mais le stock des deux combustibles a fini par tarir vite. J’ai appris par la suite que c’était au cours du mois de Ramadan, mais moi je ne me rappelle pas de ce mois sacré en ces temps de neige parce que je ne jeunais pas encore. Cette situation a duré presqu’un mois et après avoir cessé de tomber, la neige demeura longtemps après. Et l’image frappante sur l’étendue de cette catastrophe m’est envoyée par ces tranchées faites au fur et à mesure de la sorties des habitants de la ville. Des tranchées haut d’un mètre si ma mémoire ne me trahit pas et élevées encore plus en monts par la neige chassée, produit déblayé de l’ouverture des tranchées. Un grand labyrinthe se dessinât à travers toute la ville par ces couloirs qui menaient généralement qu’aux épiciers rares qui ne faisaient qu’écouler leur stock sans plus et au marché couvert des fruits et légumes, dont le nombre de stands ouvert ne se comptaient qu’au doigts de la main, heureusement que ce marché était ordinairement approvisionnée des produits tout juste de la périphérie de la ville, les champs de cultures maraichères longeaient l’Oued de le ville à partir du quartier Ogob (Commandant Mejdoub) et jusqu’à Nazreg (Rebahia), dont les plus prolifiques étaient ceux de l’actuel emplacement de la zone industrielle où il y avait une multitude de sources qui alimentaient l’irrigation de ce champs. 
Quelques jours après, les autorités ont ramené un engin que je voyais pour la première fois de ma vie une niveleuse qu’on a utilisé pour chasser la neige des rues menant à l’hôpital.
Quand je marchais dans ces tranchées, je ne pouvais guère voir l’horizon ni les cotés, cela me détressait et la neige n’était plus pour moi un plaisir car nous sommes devenus emprisonnés soit dans la maison soit dans ces labyrinthe qui paraissaient sombres malgré le retour du Soleil par la suite. Et puis le froid nous paralysait les jambes quand la neige a commencé à se glacer. Les glissades devenues légendes et malgré cela, le temps de l’accalmie pointa un peu, on a réussi quand même à en profiter.
Cela a duré un bon bout de temps. Et cette année est devenue repère chronologique pour la ville de façon à la situer par dire, l’année des grandes neiges. Am Etalja. Je sais que ces moment ont été difficiles pour la population de la ville et surtout de ceux de sa campagne qui ont du vivre une longue période d’isolement total sans compter les pertes humaines et celles des bêtes. Mais pour moi ce que je retiens, et au risque de me culpabiliser, que l’émerveillement de ce manteau gigantesque qui couvraient pendant des jours arbres, édifices et tout le décor de la ville de sorte que des détails en grand plan de certain endroits couvert de blanc resurgissent à l’instant même. Et l’image la plus expressive est celle de cet arbre de plus de 20 m de hauteur, un platane, qui montait tout seul fier et orgueilleux comme s’il narguait tout le monde, d’entres autres arbres et buissons de roses du Jardin dit du monument et qui portait à son extrémité un grand nid de cigogne, en ces grandes neiges sa vue a été complètement disparu et on ne voyait que le nid comme s’il était suspendu en l’air sans aucun appui. Et sur ce, l’épisodes l’année des grandes neiges fini et aves ma première année d’école.

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La piscine et le supplice des douches

                        La piscine municipale, dans mon enfance, était composée de deux bassins. Un petit bassin qui allait de 0 m de profondeur à 1m et le grand bassin qui allait de 1.50 m à 3 m. Avant d’apprendre à nager, c’est-à-dire lorsque je me barbotais dans le petit bassin, on avait la hantise de tomber par inadvertance dans le grand bassin. Et on devait à coup sur se laisser noyer que d’être sauvé par le fameux Maitre Nageur Taureau. En effet on préférait peut être noyé que d’être sauvé par Taureau et subir par la suite les coups inhumains de son morceau de tuyau en caoutchouc ou plastique qu’il tenait constamment dans sa main. Du moins pour moi que je ne supportais jamais d’être frappé. Ce bonhomme noirci presque brulé à force de passer son temps l’été sous le soleil. Il était de grande carrure sévère et intraitable, je l’ai connu par la suite après avoir grandi en d’autres circonstances et la peur que j’avais de lui étant enfant se transforma dans une certaine mesure un autre sentiment qui n’était pas bon du tout.. Taureau qui par définition devait avoir un corps de sportif maintenu par la natation ne donnait guère cette impression car il avait la bedaine qui sortait un peu trop de l’ordinaire. Peut être à mon époque il prenait déjà de l’âge. Ce qui le caractérisait est surtout ce contraste de sa carrure et son comportement, avec sa voix qui était particulièrement aigu. Enfants, nous nous en donnions à cœur joie d’en rire de cette vois surtout par vengeance de ces coups inhumains de tuyau qui nous rouait avec sur tout le corps pour nous faire sortir avant 15 H de pour laisser soit disant les grands rentrer. En réalité c’était surtout pour le bar qui allait recevoir ses clients habituels. Le bar était tenu par Medeghri le frère du Ministre.
Mais malgré le zèle de Taureau, cela ne nous empêchait pas de profiter au maximum de la piscine et tirer profit de nos 50 cts, le prix du ticket qu’on achetait à la rentrée au guichet qui était tenu par Kadi. On rentrait à 9 h sonnées jusqu’à 3 h de l’après midi avec comme déjeuner un simple casse croute généralement qui était pour moi un morceau de pain et une tomate… C’est pour cette raison la piscine évoque pour moi ce délice du fameux déjeuner tardif qu’on prenait pratiquement au temps de la Achouia, une fois sorti de la piscine. Le délice était surtout dû à la faim de loup qu’on avait en sortant de cette longue journée de nage qui nous pouvait nous faire manger des pierres et les apprécier comme du caviar.
Taureau nous apprenait pas à nager, il était là pour surveiller le respect des horaires des rentrée des enfants et personne ne s’aventurait à aller au grand bassin s’il ne savait pas nager car le premier pas risqué de ce coté, il verrait son dos fouetté par le tuyau.
Quant à moi j’ai appris à nager que suite à un accident, qui m’a vu être poussé par un camarade à moi, malintentionné dans le grand bassin, je n’ai du mon salut qu’à ces débats de survie pour commencer mes premières leçons de nage…et ce n’est qu’en me débattant dans cette tentative de survie que j’ai appris à nager. Et c’était presque le cas de tous les enfants.
Mais comme toujours il y a un mais, ce sont les douches de la piscine qui m’intriguait le plus et ce n’est que l’longtemps après en grandissant que j’ai compris pourquoi les douches de la piscines avaient cette bizarrerie qui nous gênaient au point où certain enfants essayaient de les éviter à tout prix au risque de rencontrer le fameux tuyau. En effet une fois déshabillé dans les vestiaires et posés nos habits dans ces jolis cintres spéciaux, des cintres métalliques dont le bas est confectionné un genre de corbeille qui entait destinés à garder nos chaussures.

Alors pour regagner les bassin on devait passer par un seul accès, composé d’un couloir de 3 m de long et de 1.5o m de largeur. Ce couloir qui est en même temps une salle de douche collective, voyait l’eau sortait de toutes part à travers de nombreux pommes de douches accrochées au plafond et aux murs . Mais le hic dans ce couloir et le bizarroïde est que le parterre n’était pas plat. Tiré de bout en bout du couloir un muret en béton sous forme pyramidale tronquée du haut afin de former un semblant de main courante sur laquelle on tenait afin de ne pas tomber. Ainsi coincé par ce muret et le mur du couloir, formant ainsi un sillon on devait tenir des deux mains au mur et sur la main courante de toutes nos forces afin de plaquer nos les plats de nos pieds sur le mur d’un coté et le muret qui est en pente de l’autre coté. Et pour augmenter la difficulté de ce mouvoir tout a été revêtu d’un enduit et une peinture lisses qui nous faisaient glisser et tomber dès qu’on arrive à poser les pieds sur le mur ou le muret.. Ainsi pour sortir de ce couloir on devait tomber plusieurs fois avant d’atteindre le bout. C’était vraiment une gageure de passer ce couloir. Un vrai parcours de combattant. C’était le supplice des douches.
Et à chaque fois je me disais pourquoi ce supplice sadique qu’on nous faisait subir avant d’aller nous baigner et je le classais dans la catégorie du tuyau de Taureau. Ce n’est qu’en grandissant que j’ai deviné le pourquoi de la chose tout en saluant avec gratitude l’ingéniosité du procédé. En effet cette contrainte était destinée à contraindre les récalcitrants à prendre une douche avant d’entrer dans l’eau du bassin pour une simple exigence d’hygiène. Et dire malgré cette astuce ils y avaient certains qui réussissaient à contourner le passage des douches en ressortant de la porte d’entrée des vestiaires et chevaucher la clôture pour regagner les bassins. 
Avant que j’apprenne à nager, l’idée était répandue que le bassin le plus dangereux n’était pas celui de 3 m de la piscine municipale, mais c’était celui de 5 m de la piscine de la légion (laligeou) qui était dans la périphérie de la ville, la périphérie de l’époque bien entendue. 
Cette piscine qu’on arrivait à la visiter quelques fois, était un peu abandonnée et le système des filtres du renouvellement d’eau, y était inexistant à cette époque et puis il n’y avait pas Taureau pour la surveiller, malgré tout ce que j’ai dit de lui. Donc elle comportait un danger d’un autre registre. Et cette piscine avait aussi son bar, mais ce bar avait une mauvaise réputation tenu par un personnage qui s’appelait …… il vaut mieux ne pas citer de nom.

 

Mon cinéma d’école

                      Tout d’abord le prix la place du cinéma de notre école était de 30 cts, par la suite pour des raisons qui relèvent de la bêtise humaine a été fixé à 50 cts… A titre de comparaison le prix du ticket de cinéma dans la ville et à titre d’exemple le cinéma VOX, allait de 1.35 DA pour les places dites chômeur, 1.55 DA pour  les places dites réserves et finalement le prix de 1.95 cts pour le balcon, au Palace était de 2.05 DA et 2.95 DA.

Bien sur, c’était dans mes années d’enfance car plus tard quelque changements se sont produit, tout d’abord le cinéma Palace qui a connu une rénovation dont le motif étai inconnu, qui a vu sa porte changer de place allant du coté fausse-équerre à la façade principale et rebaptisé Dounyazad et le théâtre qui était fermé a été transformé en théâtre-cinéma, après avoir été complètement démolie et reconstruit. Le théâtre était fermé parce qu’il a été plastiqué par l’OAS et je garde en mémoire seulement, son coté arrière  touché par la déflagration et il pourrait aisément être repris à cette partie uniquement, le reste étant resté intact. Toujours est il c’est toujours de l’histoire ancienne. C’est ce que je retiens de ma mémoire d’enfance. On m’a appris qu’il y avait un autre cinéma, appelé Pan Pan, mai de ma mémoire je garde de ce lieu qu’il était une salle pour scout seulement. Ceux qui étaient plus âgé que moi m’en parlèrent de ce cinéma d’une manière assez affectueuse, dont spécialement une personne que je vais y revenir un de ces jours dans ces réminiscences. D’après cette personne c’était le cinéma qui diffusait des films arabes à l’époque coloniale.

Revenant à mon cinéma d’école, tout d’abord on se vantait d’avoir un cinéma d’école qui était le seul qui avait l’allure d’un vrai cinéma par rapport aux autres cinémas d’écoles. En effet notre cinéma avait des sièges pliables comparables au vrai cinéma au contraires des autres qui avaient de longs bancs en bois disposé un à un. Et puis notre de cinéma avait le mérite d’abriter une vraie chambre d’appareillage de projection disposée au fond de la salle de cinéma. Cette chambre qui était fabriquée en bois revêtue par des plaques de contre plaquée peintes avec des grands dessins de Mickey Mouse et autres figures de bande dessinées. Ces dessins couvraient la totalité de cette chambre  avec des fonds en couleur vives qui dès que je entre à la salle, elle me fait plonger dans un monde mais en couleur, que je connaissais déjà  mais seulement en noirs et blancs des bande dessinées. Ces bandes dessinées qu’on appelait « les aventures » nous  faisaient le gros de nos lectures à l’époque, avec des héros tels Bleck le rock, Zambla, Akim et autres. A cette époque je ne savais même si je pouvais lire les bulles de BD ou seulement regardait les dessins et était suffisant pour moi deviner les aventures racontées et rêver seul par la suite à échafauder de nouveau ces histoires où j’étais le héros incontestable.

Ainsi la salle de cinéma m’offrait cette image d’un vrai cinéma avec ces chaises rouge mai très dépeints restant dépliés jusqu’à notre arrivée pour les occuper et voir les lumières s’éteindre et attendre la projection des films tels Charlie Chaplin ou carrément des film policiers, mais ce qui nous impressionnait le plus était Masciste.

Mais toujours pour moi, ce qui m’intriguait le plus et il a fallu du temps pour comprendre cette situation d’énigme qui se posait à moi le plus souvent, était cet aigle géant qui était posé tout en haut de la chambre d’appareillage. Un aigle gigantesque ouvrant ses ailes sur une largeur qui me paraissait des mètres, on dirait qu’à tout moment qu’il allait piquer sur nous. Il était tellement vrai avec de plumes et bec ouvert. Je me demandais pourquoi il restait  figé ainsi sans jamais bouger et ce n’est qu’après que j’ai compris que cet aigle a été momifié.

Ainsi, il serait  clos ce chapitre de mon cinéma d’école dans l’émerveillement de l’image animée  et la découverte dans à cet jeune âge de cet art qui bouleversa la culture universelle du monde s’il n’y avait pas cet  incident désolant qui marqua ma mémoire un de ces jours d’école.

Et pour arriver à cet incident je dois bien introduire le contexte. C’était dans la troisième année scolaire que tout mon être de bambin se trouva bouleversé. Tout d’abord nous devions entamer l’apprentissage de la langue française tout en continuant à nous perfectionner dans l’arabe.. Mon enseignant d’arabe s’appelait Zairi qui n’acheva pas l’année avec nous car partit faire son service national. Mais celui du Français, un nommé G, m’a provoqué un drame dans ma vie, c’es dans ces cours de cet enseignant que toute cette boule de révolte que je tirai par naissance se manifesta dans sa forme la plus criarde…Cet enseignant d’une inconscience et irresponsabilité sans égale mesure provoqua en moi que de tristesse et amertume…Tout d’abord c’était notre première année d’apprendre le français, donc c’est un nouvel apprentissage au contraire de l’arabe que nous étions déjà à notre troisième année. Aucune image de mémoire de la classe de cet enseignant me fait renvoyer à  des lettres écrites sur le tableau ou à un livre ouvert sur la table.. Tous ce que je m’en rappelle, c’est une baguette de pain et une bouteille de lait, la CLO  de l’époque…en plus de cet ordre qu’il nous infligeait en nous sommant de croiser les bras sur la table, de poser la tête sur nos bras de ne pas relever la tète au prix d’une sévère punition dont il était passé maitre en la matière. Et c’était ainsi la plupart du temps. Et deviner pourquoi ils nous soumettait à cette posture, tout simplement soit pour sortir de la classe et aller à une autre classe, ou pour  sortir sa baguette de pain et son lait et cassait la croute ou encore appeler une enseignante pour bavarder avec elle sans dire plus. Et quand il allait à cette autre classe il allait voir cette même enseignante pour les même bavardages particuliers qui à son tour faisait subir à ses élèves la même posture.

Toute l’année passée ainsi …C’était le drame pour moi…On avait rien appris du français…Et j’étais la risée de mes frères et sœur car je ne savais mot de français. Un jour et pendant qu’on s’adonnait à ce supplice de poser note têtes sur nos bras croisés su la table, tout d’un coup, ce faux maitre m’appela chez lui au bureau et me gifla sur la joue de toutes ses forces, en demandant le pourquoi, alors m’a dit qu’il m’a vue lever ma tête , ce qui était totalement faux. D’habitude je pleurais quand on me frappait, mais cette fois ci je ne l’ai pas fait et je l’ai regardé droit dans les yeux, chose étant timide je n’osais pas faire à mes enseignants, je l’ai fixé ainsi par mon regard un bon moment  au point de le sentir mal alaise, ensuite je suis reparti à ma place, en attendant  impatiemment la cloche sonner pour sortir. Et une fois sorti je suis allé droit à mon père que je lui rapporté ce qui se passa qui moi d’habitude raconte jamais mes punitions à ma famille. Sur ce, mon père  m’a accompagna le lendemain à l’école et je lui fait montrer l’enseignant qui sans introduction ni préalables, mon père  à commencé à l’insulter et le traiter de tous les noms, quand le faux maitre ne répondit pas un mot. Et au cours cette scène, et pour la première fois de ma vie j’apprends une chose qui m’a paru bizarre et qui était en réalité courante dans notre ville et qui malheureusement continue jusqu’à maintenant… Ainsi au cours de cet altercation qui allait  finir aux mains si l’enseignant ne s’est pas enfoui, j’a cru entendre dire par mon père,  quelque chose du genre comme, comment lui, cet enseignant, un moins  que rien, un Zertif, c’est-à-dire un roturier, oser frapper un enfant, Cherif, c’est-à-dire noble selon le jargon de l’époque et peut être de l’actuelle… Et pour la première fois j’en prends conscience de cette différence qui sévissait à l’époque. Et j’en ai pris conscience par la suite parmi mes camarades de classes ou amis de quartiers ou même entre adultes, de cette différence qui relève de la division tribale de la société. Je ne sais pas qu’elle a été l’envergure de l’impact de cette question tribale sur notre ville mais j’en apprenais de jour en jour sur cette question sans y comprendre le tenants et aboutissants. Cet incident de la gifle qui était le reflet d’un sentiment d’injustice immense que j’ai senti, c’est-à-dire qu’on est puni pour quelque chose qu’on a pas faite, commença à ébranler en moi cette naïve innocence qui jusqu’alors m’interdisait de remettre en cause certain ordre établi. Un autre incident s’ensuivi presque similaire mais cette fois ci relevant d’un intérêt purement pécuniaire… et là on revient à notre cinéma d’école.

Au départ il y avait un moniteur désigné pour encaisser l’argent de places de cinéma, par la suite c’est ce fameux enseignant G qui s’est substitué au moniteur pur faire la collecte de cet argent qui a fini de nous imposer un prix de 50 cts pour la place en empochant pour lui la différence…Jusque là étant le maitre d’école et le maitre à bord dan l’école, étant en copinage avec la fille du Directeur, cette enseignantes des bavardage particuliers, alors personne ne pouvait le remettre à l’ordre. Mai à propos de ces places, il se trouve qu’une fois est arrivé, qu’ après avoir payé notre place le film qui devait être projeté n’arriva pas et on a pas eu droit à la séance de cinéma hebdomadaire. Logiquement on devrait être remboursé le jour même, mais ce n’était pas le cas, il nous a fait patienter en  nous disant que notre argent serait gardé pour la séance suivante. Arrivé le samedi suivant, le projeteur de film nous ne laissa pas entrer parce que tout simplement on avait pas payé…Et pour moi, qui n’avait jamais raté une seule séance depuis qu’on avait commencé à projeter ces films, c’étai pas moyens que d’autres élèves des autres classes allaient sortir me raconter le film que j’ai raté dans cette frustration insupportable.. Et dire que pour soutirer de mes parents  ces 30 cts et qui deviennent après les 50 cts imposés injustement par ce voleur, ils fallait frapper des pieds , pleurer de plus belle et frapper dans la porte de la maison de tous mes pieds deux jours durant avant le samedi pour qu’à chaque fois mes parent consentent malgré eux à mes donner ces Douros déduits drastiquement de leur budget familial déjà souffrant pour me permettre d’aller au cinéma de mon école. Alors j’ai couru à la maison pour avoir de nouveau les 50 cts de la séance du jour, mais pour mes parents, il était hors de question de payer deux fois la même séance. Ils savaient bien que la séance a été annulé la fois passé, car je devais leur raconter le film à chaque fois où je rentrais de ces séances tout excité des aventures qu’on nous projetait et que notre argent a été gardé pour la séance suivante…Sur ce,  mon père ne voulais pas se laisser faire et m’accompagna de force à l’école pour faire encore une scène à cet énergumène pour voir se rembourser les 50 cts mais une fois fait, le film avait déjà fini et j’ai raté pour la première fois de toute ma vie scolaire une séance de cinéma, le cinéma que je m’a raffolais à en mourir…Et j’ai collé cela à mon père qui devait me donner l’argent d’abord et se faire rembourser par la suite s’il le voulait. Et je lui en voulu de cela longtemps, le pauvre. Et le chapitre de cet enseignant fut clos à la fin d’année, et le résultat resurgit tout juste à la rentrées suivante quand nous étions accueillis par notre nouveau enseignant de français Et c’était l’incident du premier jour de notre contact avec notre nouveau enseignant, incident qui m’a fait encore détester plus notre fameux enseignant voleur. En effet quand M. Mimouni, notre désormais notre nouveau maitre de français entouré dans la cour par des élèves redoublants, me demanda alors en français d’aller ouvrir le portail, pour laisser les élèves entrer, et ne comprenant un traitre mot de ce qu’il me demandait je demeurais là à ne rien faire hébété,  quand devant cette situation, les élèves redoublants allèrent de leurs rires moqueurs aggravés par une remarque désobligeante de M. Mimouni sur mon niveau en français…C’était insupportable pour moi, et j’ai haï de tout mon cœur et encore de plus belle, mon ancien maitre de français. Par la suite tout rentra dans  l’ordre

 

Ouled Moulay Sidi Tayeb

Et pourtant dans notre ville au contraire  de certaines  villes, il n’y avait pas vraiment une classe qui pouvait prétendre avoir un privilège quelconque de vue une descendance séculaires pour subir le poids de la  différence sociale.. Notre ville,  même si la première pierre fondation  a été posée par l’Émir Abdelkader lors de  ses différents retrait des batailles qu’il menait contre  français, qui a vu toute une muraille forteresse s’ériger dans les hauteurs des bois de la ville actuelle, le plateau de Tdernatine,  elle demeure autrement une création purement coloniale et tout dans cette ville renvoie aux habitudes et mœurs des collons. Création nouvelle, notre ville ne peut pas se targuer d’origine ancienne. Ce sont les premiers colons qui l’ont fondé et les arabes se sont vu agglutinés à sa périphérie en constituant des maisons de fortune, qu’on appelait d’ailleurs Graba un pluriel de Gourbi qui veut dire tout simplement écurie. Cette appellation que je n’arrive pas à situer l’origine mais je peux spéculer sur deux hypothèses. Ou ce sont les colons qui nous voyaient que des animaux à leurs yeux et par déduction nos maisons ne peuvent être que des gourbis, c’est-à-dire des étables. Ou ce sont les gens de la campagne qui vivaient en totale recluses des colons qui visitaient la ville et y construisirent de vrais gourbis pour leur bêtes de somme qui devaient les laisser à la sortie de la ville avant d’y entrer, et que ces gourbis avec le temps des disettes à la campagnes qui a sévit en raison de la spoliation des terres et la sècheresse, ce qui a appauvris leurs conditions de vie, et dans la quête de nouveaux revenus pour subvenir à leur besoin, alors ils ont commencé à  aller chercher le travail dans la ville et finirent par  d’habiter leurs propres gourbis pour se rapprocher de leur travail et remplacer ironie du sort leurs propres bêtes dans ce qui étaient que de écuries, et le temps faisant toute une population avec un nouvel mode de vie s’installa. Un mode vie résultat d’un brassage entre celui de la campagne et de celui désormais  nouveau de la ville coloniale. Ainsi établie,  cette population avait vécu réellement et  quotidiennement la différence de niveau de vie entre colons et autochtones. C’est pour cette raison le gros des premiers rebelles de la révolution venait de ces quartier-villages. Village était leur dénomination officielle de l’administration coloniale car pour eux ils ne  faisaient guère partie de la ville.. Ainsi on les dénommait uniformément sans aune considération par des abréviations qui en dit long sur le statut du bas de la société que tenait avec les colons la population de ces quartiers- villages. Les V.N.D.T, et VNA ( Village Negre de Dui Thabet et celui d’Amrous) et le fameux Village de Boudia qui a fait son développement récent et diffèrent. Dui Thabet renvoie à la première tribu qui s’installa en masse dans ce quartier situé le long de l’Oued constituant la vallée abritant la ville, dans  des circonstances inconnues. Et le mot negre bien que ne reflétant pas le gros de la population de cette partie de la ville, il fait référence à une communauté noire dont les gourbis longeait la rive Ouest de l’oued qui séparait le quartier de la ville. Le mot negre qui était en vogue en Europe et aux Amériques pour désigner les hommes de couleur noire, dans ce cas là, seule sa signification dégradante est retenue et mais en fait il  désignait à la fois la population noire ou autre confondues dans ces quartiers. De même, les autres quartiers-villages Amrous et Boudia avaient aussi leurs communautés noires. La communauté noire dans notre ville a participé d’une manière directe à façonner les mœurs de la société autochtone. Et jusqu’à ce jour on éprouve du plaisir à partager les cérémonials égayant et festoyant de cette communauté. En effet les noirs de la ville qui devaient avoir hypothétiquement, eu égard à leurs traditions des fêtes,  deux origines. L’une africaine de l’Afrique subsaharienne et l’autre du Soudan, pays dont la majorité de sa population se dit être arabe.. Et on constate cette  différence de l’origine dans les traditions que conservent jusqu’à ce jour l’une ou l’autre partie de cette communauté. Ainsi,  ils y a ceux qui se regroupaient dans les Graba Amours et Graba Oued d’une part et ceux qui ont élit domicile dans le village-Boudia…Les premiers ont des traditions à caractère païens (terme usé sans aucun sens offensant)  qui organisaient de fêtes saisonnières qui duraient une semaine, tout d’abord en achetant un taureau qu’il le fassent circuler dans toute la ville avec tambour et karkabou, avec une collecte d’aumône que toute la ville s’y prête pour participer à leur fête, durant toute  cette semaine pour finalement l’égorger dans un rassemblement gigantesque avec un cérémonial accompagnant le massacre de cette bête qui rappellent étrangement les tribus les plus reculées de la savane africaines.. Avec la viande de ce taureau on offre une grandiose fête où il y avait à magner pour tout le monde. C’était un diner collectif,, qui une fois servi et consommé,, la vraie fête commence la nuit déjà tombée. Ils montent une scène où des hommes et parfois des femmes, dans une mixité qui paraissaient assez étranges en raison de mœurs prédominantes dans notre ville, se relayèrent à des danses mimiques qui racontaient presque des histoires connues par cette communauté transmise de père fils. Ces danses théâtrales duraient longtemps pour voir leurs acteurs entrer carrément dans un état second de transe qu’on appelle la Touba. C’est un terme qui en arabe a une signification religieuse bien définie et règlementée de rédemption mais je n’y voyais pas un rapport, à moins qu’il s’agit d’une sorte de rédemption au sens des anciennes croyances païennes africaines. Ces danses étaient entrecoupées par des gestes qui jusqu’à ce jour m’assommaient par leur violence. En effet à un moment donné de ces danses, certains sortaient de grand couteaux et commençaient à les retourner à leur corps et spécialement à leurs ventres qui étaient nus, les entaillant jusqu’à voir gicler le sang. A part cet épisode qui me paraissait assez violent et inouïe, incompréhensible pour l’enfant que j’étais tout le reste relève de l’art de chants et de la danse ce qui donnait à ces fêtes une ambiance festoyante qu’on attendait chaque saison, au printemps et à l’automne de chaque année.

L’autre partie de la communauté noire, procédait d’une manière totalement différente. Leurs fêtes sont organisées autour de troupes d’homme portant des fusils qu’on appelé carabila ou carabina, tiré probablement du mot carabine et pourtant c’était des mousquets à poudre noire dont le canon finissant en forme d’entonnoir. Ces troupes circulaient à travers toutes les rues de la ville en procession interminables. Hissant leur mousquets en l’air, les carabina, en les faisant tournoyer de part et d’antre tout en marchant, avançant avec de tout petits pas, le corps dandinant en une danse spéciale à eux, différente de celle de l’autre groupe des hommes noirs, qui eux leur danse étaient beaucoup plus expressive en   faisant balancer leur hanche d’un rythme assez rapide et très accentué. Au contraire des hommes de Moulay Sidi Tayeb c’est ainsi qu’on les appelle, leurs danses qui ne voit pas du tout leurs pieds s’élever du sol comme s’ils les glissaient presque collé  à la terre ferme, et n’avançant qu’avec de petits pas à peine perceptibles. Dans cette progression très lente ils se  mouvaient dans un semblant de danse qui voyait le corps se courber  de haut en bas en pliant seulement leurs jambes. En fait ce n’est pas une danse proprement dit, car de vue leurs caractères réservés, ces hommes semblaient dire qu’ils ne sont pas portés à la dance. C’est plutôt un geste répété constamment qui mime l’ultime geste qui allait être le  corollaire de  leur tournée. Arpentant toute la ville sans fatigue ni répit, ils arrivent finalement à un grand espace choisis d’avance pour finir à faire une grande ronde dans un parfait cercle qui voit son centre occupé par le guide qui généralement est un homme âgé et inspirant un grand respect parmi non seulement les siens mais aussi par le reste de la population de la ville. Ce guide ou chef, prend le contrôle de toute la  troupe par les moyens de ses yeux uniquement. Dans cette ronde en mouvement continue, la troupe  se met à tourner toujours en procession autour du guide tout en chantant de chant religieux et surtout glorifiant leur ancêtre Marabout, Moulay Sidi Tayeb. L’assistance maintenue à distance respectable, se regroupant tout autour de la troupe, ne se révèle pas  être des spectateurs amusés et détendues, au contraire ils participent indirectement à la danse, de vue  le battement de leurs cœurs toujours allant en crescendo selon le rythme de la troupe, attendant avec engouement ce moment fatidique de l’ultime geste comme s’il allait les libérer d’un carcan de toute une saison.  Après les chants et semblants de danses assez énergiques et soutenus au début, tout va maintenait  decrescendo,  dans la voix et le rythme au gré des chamboulements des cœurs les plus sensibles de l’assistance. A un moment précis et pendant que le rythme rime presqu’à l’arrêt et les paroles chantonnées deviennent presque inaudibles, et le regard du guide au centre qui tourne sur lui-même dans une posture qui augure de l’approche du moment tant attendu, à la fois à la troupe et à l’assistance  qui en avait l’habitude de cette scène, ce  regard soutenu du guide sur l’ensemble des hommes de la troupe afin de les intimer sur un air autoritaire et sévère, de prendre leurs dernières dispositions , en les fixant un à un droit dans les yeux, comme s’il est entrain de les prévenir contre  toute maladresse qui risque de perturber l’harmonie totale cherchée afin de réussir le dernier geste sans accroc ni imperfection. Le tour du regards annonciateur fini, le guide prend carrément le contrôle de la situation et toute la troupe, ne meut que sous son  propre rythme qui tenant son fusil entre ses deux mains crosse en l’air canon au sol, main gauche tenant au respect le canon rayé  bien orienté au sol, de la  main droite agrippant fermement la platine, index plié sur la détente, en position de tir, tout en continuant de tourner sur lui-même le regard fixe et maintenu sans clignotements balayant ceux  des hommes de la troupe,  car tout le monde sait qu’il va tirer et entrainer au même moment tous les hommes en un à en faire autant en un laps temps brusque et instantané à suivre le geste, car entre temps toute la troupe avait déjà pris la même position de tir ; mais qui elle, s’arrête de tourner et les hommes attendaient désormais que le signe presque secret et non révélé du guide afin de tirer sur la gâchette, et mettre fin au suspens qui n’a que trop durer pour l’assistance à leur grand plaisir, car c’est cette sensation forte qu’on y est venu chercher dans ce spectacle donné dans une ambiance conviviale. A ce moment précis tout le monde retient son souffle, l’assistance en premier, les oiseaux en second, en enfin la ville entière qui allait vivres l’écho de ce qui aller se passer, à croire encore que tout l’univers recevant pendant une journée entière les chants de prière glorifiant Dieu, son prophète et cet ancêtre honorable Moulay Sidi Tayeb, tout retenait son souffle, tout vivait au rythme de ce guide, un vieux qui a du s’imbiber d’une sagesse séculaire qui a fait légende dans tous le pays. Tout tenait dans ce signe  secret et donc magique qui allait ouvrir le bal de cette immense communion installée en ces moments précis entre la troupe et son guide d’une part et l’assistance et tous les habitants de la ville d’autre part.

 Cette communion vécue deux fois chaque année permet cette coexistence éternelle qui a fait dire à ma mère dans sa culture tribale, qu’ils y a les noirs et les blanc d’un coté et également les noirs et les blanc d’un autre coté.

Ce moment attendu avec impatience par les enfants surtout dont j’en étais un à cette époque, était un piédestal du temps qui imprimait à l’enfant à grandir dans la tolérance et l’acceptation de soi ce qui enten l’acceptation d’autrui, A ce moment précis, se sont des milliers de livres répandant la bonne parole et la réconciliation avec soi même , de tous les penchants déviateurs que cumulent l’homme de l’influence de son impuissance à surmonter les difficultés de la vie, difficulté de tout genre surcout à s’adapter et s’harmoniser avec la  nature au lieu d’aller à son encontre… Combien de bêtises affligeante et malfaisante n’a été commise que sous le poids de l’incompréhension et les préjugés préconçus et arrières pensées noircies par l’ignorance résultat d’un illettrisme évolué. C’était ainsi que ce guide de la troupe  un homme d’une profonde sagesse, m’expliquât tout le sens que donnait cette fête aux hommes après l’avoir suivi de rue eu rue afin de connaitre la magie de son signe dans mes quêtes d’assouvir toujours mes curiosité d’enfant et après m’avoir heurté à l’ignorance de ma mère qui ne pouvait m’explique tout… En le poursuivant de rue en rue il s’est retourné et comme si par miracle, il s’attendait à cette incursion presqu’inopportune de ce bambin, pour me faire signe de le suivre de cet air autoritaire, jusqu’à sa demeure m’y fait introduire par sa prote d’entrée qui donnait directement sur une petite cour, presque couverte du feuillage d’une vigne. Là il s’asseyait sur une Haidoura ou Betana une peau de mouton tannée, qui parait ne jamais être déplacée de ce coin ci de la cour, appelant sa femme, une vielle noire aussi, qui lui ordonna toujours dans cet air autoritaire, de ramener un petit banc qui étai en bois d’à peine vingt centimètres de hauteurs qui étaient courants dans nos maisons à l’époque et du thé.. Et autour de ce thé, il a commencé à me parler longuement et lentement de que je viens de décrire sur le sens de la communion de cette fête.

                En revenant à la troupe, et toujours le cœur suspendu de l’assistance, elle vécut  finalement l’extase du dernier geste pour lequel tout le monde s’est rassemblé, quand tous les hommes de la troupe guide compris  dans un geste unique et synchrone, il tirèrent sur la gâchette, une immense détonation s’ensuivi dont l’impact de son son à fait le tour de toute la ville, les oiseaux s’envolèrent dans leur ensemble dans le ciel y compris les cigognes, ces oiseaux mythiques de mon enfance qui nichaient dans tous les points haut de la ville comme s’ils voulaient la surveiller d’un signe malfaisant qui rodait autour . Mais hélas, ce signe a réussit  à frapper cette ville et si ce n’est mon tempérament optimiste, j’oserai dire à jamais.

Une fois la détonation consumée, un nuage de fumée enveloppa toute l’assistance avec cette odeur de baroud mémorable qui n’a jamais quitté mes narines, la fumée monta doucement au ciel tout en se dissipant et dessinât des signaux cryptés peut être pour des gens lointaines afin de les informer du renouvellement semestriel  de cette communion des habitants de notre ville.  

Ainsi s’achevait  une tournée qui se répète pendant des jours à travers toute la ville et finir en une grande fête dont le diner est offert dans une grande salle du Village-Boudia appelée Zaouia. C’était pour moi des moments intenses que j’e m’en nourrissais spirituellement et qui m’ouvraient de plus en plus d’horizon à mon  imagination fertile, à cet âge de mon enfance.. A chaque assistance à l’une ou l’autre des ces fêtes de la communauté noire de notre ville, je rentrais chez moi plein d’images qui incitaient en mois des questions qui ne trouvaient rarement de réponses satisfaisante. En pareilles errances de ma petite tète, je ne trouais que ma mère à qui je devais la tarabuster de ces petites questions qui lancinaient mon être. Et de ces questions, pourquoi ces hommes noirs qui sont tous noirs  procédaient différemment dan leur fêtes. Ma mère dont l’origine campagnarde ne trouvait d’explication que dans sa sacro-sainte culture tribale. Pour elle la différence résidait dans le fait que les uns sont chorfas dont leur ancêtre est un marabout qui s’appelle Moulay Tayeb et les autres étaient des Zertifs. Cette explication sommaire et farfelue dénote que notre société de l’époque ne voyait la pas différence que du point de vue tribal, et il y avait point de connotation raciste contre les noirs puisque, de ce point de vue elle regroupe noir et non noirs d’un coté et également noire et non noir d’un autre coté. Mais cette explication n’apporta pas pour autant des éléments convainquants à ma drôle de tète car je ne manquais pas de lui répliquer que ces noirs qui n’avaient pas un marabout comme ancêtre, ils avaient bien un ancêtre ..ou des ancêtres, ils ne pouvaient pas quand même arriver du néant, de la génération spontanée d’avant Pasteur. Elle me répondit parce que leurs ancêtres n’étaient pas des marabouts c’est là que réside la différence. Soit, maintenant l’enfant que j’étais cherchait alors et depuis qu’est ce qu’il aurait ce marabout de spécial pour faire singulariser sa progéniture des autres.. Et pour ce, point de moyens de le savoir. Il fallait que je grandisse un peu, subir de plein fouet l’impact de cette culture sur la vie sociale de notre ville pour fouiner quelque part afin de voir de plus près les fondements qui façonnent  la croyance artificielle de l’homme dans sa dimension universelle.

 

La barrière de l’Hôpital

              Cette barrière ou si l’on veut l’appeler ainsi,  était une haie dégradante,  imaginée par je ne sais quel esprit, qui était destinée à retenir les visiteurs des malades de l’hôpital à demeurer à l’ordre pour entrer à l’hôpital,  un par un, l’un derrière l’autre, de la petite porte de l’hôpital qui ne faisait pas plus d’un mètre de largeur. Le portail de l’hôpital demeurant toujours fermé sauf pour les véhicules. Cette barrière était constituée par des tubes en acier galvanisée qu’on avait même pas pris la peine de les peindre, et dont le filetage des embouts n’ont même pas été sciées. Elle allait  de la porte jusqu’à la fin de la bâtisse de l’hôpital qui contenait le service des urgences. Ainsi pour prétendre visiter leurs proches les habitants de cette ville devaient aller de l’autre bout de la barrière et s’y faufiler pour y accéder tel un tunnel. Cette image dégradante me renvoyait, petit, aux films Western où je voyais les cowboys, forcer le bétail à passer par des couloirs en barrière afin de les abatte ou les marquer au fer. Ainsi l’image des gens qui s’agglutinaient afin de se frayer un passage dans cette allée, m’étaient similaire à celle du bétail accourant et se bousculant dans le goulot ainsi formé. Cette image demeure un sujet à polémique, était elle nécessaire ou seulement exagérée cette façon de traiter les gens comme du bétail.  Mais dans ma mémoire d’enfant, ce que je retiens le plus de cette barrière, ce sont ces heures interminables qui s’écoulaient souvent la nuit, à jouer avec cette barrière, seul la plupart du temps et je me demande jusqu’à ce jour pourquoi pardi, j’y éprouvais un grand plaisir dans ce jeu d’enfant anodin au point d’en être accro. En effet cette barrière comme j’ai dit était en tube galvanisé de diamètre 50 ou 60 mm, soudées ou emboitées à ses embouts pour donner toute la longueur de la barrière, sur 10 m que faisait la façade de l’hôpital de ce coté du Portail. Conçu en deux longueurs horizontales espacés d’un mètre ou moins et liées entre elles par des barres en traverse aussi en acier galvanisé, fixées à intervalles réguliers de 1.5 à 2 m dressées à la verticales et ancrées au sol. Ainsi faite, la haie métallique laissait un espace d’un mètre qui  permettait  aux enfants de s’y introduire  quand ils étaient autorisé à entrer à l’hôpital, ce qui était rare. Bien sûr pour veiller à cet ordre dégradant il y a avait un personnage que toute la ville le connait eu égard à sa fonction de portier qui était liée  au malheur des gens car on ne visite pas l’hôpital pour la promenade. Cet homme de carrure gigantesque ou du moins ce qui me paraissait de mon regard d’enfant, Antar, ainsi qu’il s’appelait était un homme affable en dehors de son travail qui lui imposait une sévérité parfois extrême car n’hésitant pas à user d’un bâton pour faire de l’ordre. L’administration lui imposait cette attitude, et notre administration ne sanctionne pas en cas d’erreur d’une manière civilisée et administrative, au contraire le responsable administratif réagit à tort ou à raison comme un cocher avec ses chevaux…Ainsi parfois j’assistais à des scènes insoutenables, justement à la porte de cet hôpital.. Il lui arrive à Antar de faillir,  fatigué peut être au maintien de cet ordre, surpris par un prétendu responsable de l’hôpital, alors tout une série d’insultes et d’obscénités fusent sur le visage de Antar et parfois des termes extrêmement racistes puisqu'il était un homme noir. Mais ce genre de douches humiliantes n’était pas le propre de la situation d’Antar. Tout en remontant dans la hiérarchie de cette administration, on en voit des couleurs de ces vociférations qui circulaient du haut au bas de l’échelle.

Mais ce qui nous intéresse ici, C’est ce jeu d’enfant que je m’y adonnais jusqu’à tomber raide de fatigue sans jamais m’en lasser si ce n’est cette limite naturelle de mes moyens physiques qui n’étaient guère reluisantes de vue ma constitution. Le jeu consistait à m’assoir carrément sur la barre haute de la barrière, en laissant mes jambes suspendues en bas, et me renversait alors  en arrière  tout en pivotant autour la barre qui constituait ainsi un axe de rotation de tout mon corps. Une fois renversé en arrière je reste des moments ma tète pendante dans le vide et je recommence indéfiniment la pirouette et j’éprouvais un plaisir immense dû peut être à la relaxation ou de je ne sais quoi. A croire que je cherchais par là à livrer nerfs et muscles aux lois de la pesanteur, afin de libérer toute l’énergie accumulée pendant la journée de mon tempérament, déjà enfant,  qui était nerveux et révolté malgré l’apparence calme et docile. Quelques enfants participaient à ce jeu avec moi mais ne demeuraient pas longtemps et trouvaient ridicule de passer tout leur temps à se balancer de la sorte. Au début Antar me chassait par instinct de veiller toujours à l’ordre quel qu’il soit mais avec le temps il s’en est habitué et à fini par me tolérer ce qui a trahi en lui un cœur sensible et tendre malgré cette apparence légendaire de sa rudesse, tout en se demandant dans son for intérieur  que cache le mystère de ce  bambin qui ne cesse de tournoyer autour de cette barre, à balancer sa tête dans le vide quand le bons sens nous dicte   à maintenir nos tètes bien droites au dessus de nos épaules… En grandissant, j’ai abandonné cette habitude mais parfois elle me manque même âgé maintenant…Elle me produisit un réconfort immense et m’aidait à refouler tous ce que cumule un enfant à cet âge comme émotions, informations nouvelles parfois surprenantes et apprentissages divers qui n’étaient pas  toujours bienfaisants ni dénué de bouleversements. Ainsi allait ma vie dans cette ville, il a suffit de quelques barres d’acier galvanisé pour en trouver une joie d’enfant inconnue et rare dans notre société de l’époque. De ces barres il n’en reste que le néant, fidèle à son âme destructrice, notre ville a fini par démolir et la barrière et tout le décor qui allait avec. Mais là, c’est une autre histoire, fruit de ces réminiscences d’enfant.

 

Le cadran Solaire

Ce cube qui attisa pour longtemps ma curiosité d’enfant m’a semblé, qu’une main géante l’a ramené de quelque part et l’a posé bêtement et sans aucune raison dans cet endroit et dans cette ville. J’avais du mal à comprendre son utilité. Tout le monde l’ignorait et fait semblant de ne pas le voir.. Et pourtant il se trouvait là au centre du centre de la ville. Sa disposition qui cadrait mal avec le tracé des deux rues qui le contournèrent me causait un problème d’adéquation, à la fois de géométrise pour moi qui était assez à cheval dans cette matière et de situation pour moi toujours qui était obsédé jusqu’à la hantise de garder des repères toujours vivaces dans ma mémoire afin de maintenir le cap de ma vie. Ce cadran dont on dit qu’il avait une belle clôture démolie par un chauffard négligent conduisant un camion Berliet…Et puis ce qui me m’intriguait le plus c’est cette cassure qui marquait le haut du cadran, de l’élément incrusté au cadran qui devait donner l’ombre à l’horloge dessinée sur sa face principale orientée vers le Sud… C’était ingénieux et instructif non pas à donner l’heure puisque les montres inventées des siècles avant pouvaient indiquer l’heure pour ceux qui en avait un besoin utile à connaitre l’heure du jour comme de nuit, autrement pour un pays sous développé comme le notre, l’heure comme le temps en général, n’a aucune utilité ni signification, mais instructif dans un sens pédagogique d’abord, afin de connaitre au moins la localisation géographique à l’époque parce que maintenant n’importe quel Smartphone sans citer Google Earth, peut te donner ta propre localisation dans le globe et pas seulement de ta ville, , mais et surtout à inculquer aux jeunes de la ville, une passion pour l’astronomie et permettre la création d’un immense mouvement associatif d’amateurs et de passionnés d’astronomie. Hélas cela n’a pas été le cas, et dans toute ma vie scolaire d’enfant, on en a jamais fait allusion à ce cadran ni organisé une sortie scolaire pour cette horloge, afin d’éveiller en nous un amour pour l’astronomie.
Ce cadran bien qu’il soit unique dans la région, il en reste que les anglais en faisaient un mode de temps en l’ayant des leurs jardins et châteaux, 
Mais pour l’enfant que j’étais, ce qui me frappa le plus, est l’existence d’inscription en arabe avec une calligraphie qui me renvoyait tout de go vers ces talisman que transcriraient les Taleb…Les hertz qui étaient très répandus à l’époque, accrochés à l’aisselle de certains enfants… Et je me disais alors quel rapport existait alors entre le Taleb et le cadran.. Il devait à coup sur exister une relation quelque part maléfique qui devait entourer ce cube dressé là à meubler le décor quotidien des passants. Je n’y arrivais pas à cerner le mystère caché peut être sous les fondations de cette bâtisse qui désormais avec ce lien au Taleb, elle me paraissait bizarroïde et m’inspirait une certaine superstition pareille à celle que j’avais quand je passais devant cette villa qu’on disait hantée. Enfant pour moi, le Taleb était synonyme de sorcier du mal qui devait faire des Herzl (Diar ou Diour) pour faire souffrir les gens. Et depuis lors, ce cadran me donnait des frissons à chaque fois j’y passais devant par inadvertance car la plupart du temps je l’évitais carrément. Qu’est ce que faisait cette inscription en arabe dans ce cadran conçu et réalisé par les français. Pourquoi mon Dieu, les français ont jugé utile de se souvenir des arabes à leur époque et le honorer par cette inscription écrite par leur langue et tirée de leur livre sacré car il s’agit d’un verset coranique bien choisis qui ornait le cadran…Tant de mystères entoura pour moi ce petit monument…En grandissant et ayant vécu toutes les péripéties qu’a connu la ville par la main dévastatrice, je me disais pourquoi après avoir démoli tant d’édifice mémoriaux de cette ville, ils n’ont jamais osé abattre ce cube. J’arrivais à la conclusion que la mémoire collective de cette ville, savait qu’il y avait quelque chose de maléfique, un signe indien, qui érige un grand écran contre l’ouverture d’esprit des habitants de cette ville… Il y a bien eu une tentative de le réhabiliter et réparer l’élément qui donne l’ombre mais depuis aucun intérêt ne se manifesta pour le transformer comme attraction pour enfants afin de les initier dès leur jeune âge à la passion pour l’astronomie. C’était dans le cadre dune une campagne comme bien d’autres
Je dis cela en guise d’objection de conscience autrement je persiste dan ma superstition à propos de ce malheureux cube qui ne devrait pas être posé là par une main géante ou bâtie, dans cet endroit qui n’était et il n’est toujours pas indiqué. En effet tout d’abord cet emplacement est situé au droit d’un trottoir lieu de passant pressés par définition et pas de promenade pour attirer des curieux à s’intéresser de plus près au cadran et prendre tout leur temps pur ce. On aurait du au moins orienter sa face principale coté Place Émir AEK (Sur Laplace pour les initiés) les gens auraient alors tout l’espace et le temps voulu pour le regarder avec curiosité intéressée sans être gênées par les passant pressés. Mais pour moi, je persiste à croire qu’il cache sous ses pieds (fondations) un secret crypté dans un parchemin bien roulé et enfouis à un mètre du sol. On doit faire appel à des expert Taleb marocains pour trouver ce parchemin(des Benesness). 
             Les habitants de cette ville doivent se réjouir de ne pas être les seuls à mal situer les monuments et statues dans leur endroits adéquats puisque cela est constaté à travers tout le pays…IL y qu’à voir cette aberration humiliante commise à Mostaganem qui ont monté la statue de ce monument du théâtre algérien Kaki, dans un carrefour de la périphérie de leur ville.. Une insulte pour cet homme de l’histoire du théâtre algérien… On se demande à part l’égo du responsable administratif qui l’a décidé ainsi, elle serait destinée pour qui cette statue. ? Par définition une statue doit être montée dans un endroit fréquenté et à échelle d’homme afin d’apprécier l’art de la sculpture et de s’en rappeler quotidiennement du personnage pour qui on a dédié la statue… Dans ce carrefour donc lieu pour véhicules par excellence que va-t-on voir à des dizaines de mètres de cette statue et s’il s’agit d’une route giratoire où va-t-on se garer pour aller contempler cette statue. Qui va faire tout cet effort pour aller de découvrir une statue si jamais on ne sait même pas de qui il s’agit.
La statue de Kaki, que Dieu ait son âme, est une autre affaire qui ne concerne pas directement le cadran de notre ville…que je persiste et signe qu’il renferme dans ses entrailles un secret qui l’a fait sauver de la démolition.

 

La synagogue

La synagogue était un édifice sans aucun attrait. C’était une bâtisse austère de forme sans aucune particularité architecturale ni symbole gravé ou incrusté sur le fronton de la façade… Un temple pour juifs qui datait de l’époque coloniale.. La simplicité de la forme reflète fidèlement l’austérité voire l’avarice légendaire des juifs. C’était une salle spacieuse à l’intérieure éclairée par de grandes fenêtres qui ne dépassaient pas la norme des dimensions des fenêtres françaises de l’époque… Peu de fenêtres, l’intérieur était mal éclairé voire sombre.. Meublé de bancs en bois qui ne paraissait pas de bonne qualité. Les bancs étaient aussi simples sans sculpture ni rajouts décoratifs. A mon époque, l’autel ou endroit qui servait aux prêches du rabbin a été vidé. Il n’en restait aucune trace, seule une estrade a remplacé ce qui servait d’autel ou pupitre aux juifs du temps colonial. L’estrade était pareille à celle qu’on avait dans nos classes d’école seulement plus grande ou plutôt un nombre d’estrades placées l’une contre l’autre pour former une scène de spectacle… Ce qui est bizarre c’est qu’il y avait qu’une seule porte qui donnait accès à cette grande salle.. A l’indépendance la salle a perdu sa vocation de synagogue et transformée sans grands changement hormis cette scène de fortune bricolée avec ces estrades qui reflétait sa transformation en un lieu de loisir pour jeunes mais je ne voyais rarement une fréquentation régulière de ce lieu par les jeunes auxquels était destiné. Le préposé affecté à ce lieu, un homme, qui m’inspirait à la fois un sentiment mitigé de mystère et d’admiration. Mystère de sa vie presque d’ermitage qu’il menait dans cette sale. A l’intérieur retiré au fond, un enclos qui lui servait de chambre à dormir et une salle d’eau destinée aux toilettes. C’es là qu’il vivait en élisant résidence temporaire ou ce qui m’a semblé être. Mon admiration était pour son sens aigu de la propreté et son hygiène de vie qui ne cadrait pas avec la misère ambiante dans notre société à l’époque. Il s’appelait Mouas, et dans ce lieu de loisir, on ne voyait en réalité qu’un groupe d’un nombre limité qui devaient être les amis ou camarades de Mouas. A chaque fin de journée et Weekends, ce groupe se rencontrait surtout pour jouer aux cartes et autre jeux de sociétés… Ce qui m’intriguait c’était ces petits jetons de couleurs de forme rectangulaires ou ronds que je ne savais pas à quoi ils servaient et je trouvais étrange que des jeunes aussi âgés jouaient aux jetons car les seuls jetons que je connaissais étaient ceux de mon école avec qui il nous apprenaient à compter. Ce n’est que plus tard que j’ai appris que les jetons dans la vie servaient comme monnaie d’échange dans les tables de jeux dans les maisons de jeux. . Mouas qui paraissait être un bel homme dans une certaine mesure, faisait tout pour le transparaitre avec des cheveux longs et lisses et qui ne ratent jamais ses rendez-vous du coiffeur pour les couper tout juste au millimètre près .Ils paraissait posséder ce lieu au point où on a abandonné le terme Chnougha avec lequel on désignait la synagogue pour parler carrément, que du chez Mouas ; ainsi on allait chez et venait de chez Mouas…Ils était en bonne relation avec les enfant et particulièrement un certain enfant, qui l’envoyait faire des courses de tous genre et parfois des courses assez particulières. A l’époque ce genre de course ne nous étaient pas du tout étranges dans notre quartier mais aujourd’hui elles le sont réellement.. Aller acheter une bière ou un demi pour le compte d’un adulte était une course courante pour les enfants. On le faisait non pas du bar le plus proche et Dieu sait combien de débits de boisson étaient aussi proches de notre quartier. On devait aller plus loin, là où on devait l’acheter au prix du gros afin de faire l’économie de quelque Douros c’était aux dépôts. Il faut rappeler au passage que les cafés étaient rares dans la ville…D’ailleurs les cafés étaient destinés qu’aux gens âgées et ceux de la campagne qui étaient leur lieu de rencontre après une journée passée au marché à bestiaux dont spécialement, un qui se trouvait aux alentours de la poste, je parle de l’ancienne poste de la ville et non pas le bunker qui a été érigé par la suite pour faire office de poste…Mais cela est une autre histoire de cette ville… Hormis ce café de la poste, il y en avaient d’autres qui n’offraient pas de table et chaises mais des tapis à l’alfa jeté à même le sol pour voir ses clients s’assoir dessus soit jambes croisées ou dans cette fameuse posture distinctive d’une certaine catégorie de gens, qui consistaient à s’assoir sur une de ses jambes et plier l’autre vers soi . Le genou ainsi dressé sert parfois de repose tète. Ce genre de cafés étaient exclusivement destinés aux jeux de carte espagnoles avec des mises qui dépassait le cadre de l’argent pour voir proposer à la mise des choses qui relèvent de l’insolite jusqu’à l’indécent.. C’était aussi une vie de notre ville.. Et plus tard, lorsque ces cafés ont disparu, on désertait carrément la ville pour se rencontrer dans des lieux dans la périphérie de la ville pour s’adonner à ces jeux qui frisèrent l’extrême dans la nature des mises. Ces lieux, on les appelait les trous (Ghar) et ils n’ont pas usurpés leur nom. Mais revenant à nos courses d’antan anodines devenues indécentes aujourd’hui.. Ces courses étaient normales dans le temps parce que tout simplement toute la ville, sa campagne comprise, consommait de la boisson alcoolisée, si on veut l’appeler ainsi par euphémisme. Les banquets des fêtes de mariage s’organisaient dans la piscine municipale avec des bières où il y avait aussi un bar. Je vous dis que les cafés n’avaient vraiment pas pignon sur rue dans notre ville. Donc Mouas n’enfreignait pas à cette règle lui natif de cette ville et bien entendu, ces fameuse courses consistaient à se procurer de la bière ou du vin non pas de chez les bars mais des dépôts qui devaient les vendre moins cher et économiser sur le prix de la boisson. UN de ses dépôts, où ce qu’on appelait ainsi, m’impressionnait par ces montagnes de cageots empilées les un sur les autres à une hauteur qui vous donne du tournis, surtout pour moi, enfant chétif que j’étais. Et sans citer de noms, car de nos jours hormis Fesraoui, qui n’était pour moi qu’un enseignant dur et sévère presque tortionnaire dans ses punitions, qui déclare aujourd’hui haut et fort son intention à commercer dans ce genre de produits, tous les autres le font de plus ou moins dans une discrétion feinte., et toujours sans citer de nom, j’ai été impressionné par ce Monsieur qui demeurait assis au seuil des grandes portes de son dépôt de boissons à longueur de journée que tout le monde le saluait et le respectait que je croyais un dignitaire de la société, car pour moi, enfant que j’étais, vendre de la boisson « sucrée » comme dirait cet animateur d’une émission satyrique, ne me paraissait pas quelque chose de spécial puisque tout le monde en consommait. Cet homme qui s’assoyait à longueur de journée au-devant de son dépôt me renvoyait une image pleine de mystères. En effet comment se fait il que cet homme qui vend du vin mais qui n’a pas à l’intérieur de son dépôt ce grand pétrin ou on devait piétiner au sens propre du terme les grappes de raisins pour en tirer le vin car pas plus loin de son dépôt, j’assistais à chaque période de moisson des vignes, à ce défilé interminable de ces tracteurs dont les remorques jonchés de grappes de raisin auxquelles on s’accrochait pour en arracher de quoi remplir des couffins entiers et voir ces remorques déverser leur contenu dans ces grands récipients tels des pétrins de boulanger et attaqués par des ouvrier à les faire écraser à l’aide de leurs pieds sales et puants. Ces hangars hideux on les appelait Laoba que je n’ai jamais su sa signification, les nostalgiques d’une certaine époque les appellent les caves Lascars ou quelque chose du genre. Ainsi pour moi le vin était sale et répugnant car travaillé de la sorte mais chez le Monsieur du dépôt, le vin devait être propre et bien sentant car je ne voyais pas chez lui ces ouvriers avec des pieds crasseux malmener le raisin et le souiller de la sorte… Tout était propre et ordonné dans le dépôt, seul le bruit la manutention des cageots qui tirés ou portés pour être chargé ou déchargés, qui brouillait cet aspect enjolivé par les couleurs vives des cageots.
Revenant à Mouas, Il menait cette vie que beaucoup de gens lui enviait, jusqu’au jour où, une décision administrative, vient remettre tout dessus dessous, remarquons au passage que la ville dont on en parle n’a vu sa transformation rocambolesque qu’à travers ces « décisions administratives » dont le processus de leur maturation relève uniquement de considérations subjectives presque capricieuse de celui qui détient ce pouvoir indu de décision et exécutée à l’expéditive. Cette décision statua que désormais ce lieu serait alors un dépôt pour les livres scolaires, et affublé par cette domination abréviative, de CRDDP que personne ne peut en déchiffrer le sens de ces lettres à moins d’être de la boite.. Et dans le cours de cette décision, on lui a collé un Directeur, et heureusement pour lui, et je ne sais pas par quel miracle, on l’a gardé dans le nombre du personnel, et si ma mémoire ne me trahit pas, ce nombre n’était pas plus de trois, le Directeur, un chauffeur et Mouas qui devait surement s’occuper du compte et recompte des livres entrant et sortants …Il y avait un autre travailleur mais je ne sais pas ce qu’il faisait.. D’ ailleurs il était handicapé, il ne pouvait pas s’occuper de la manutention. Et Mouas se retrouva projeté carrément dans un autre cadre qui limita drastiquement de sa liberté de jouir à sa guise des lieux. Il tint le coup car il s’agit quand même de gagner sa vie et il demeurera dans cet établissement jusqu’à sa retraite même lorsque cet établissement a vu déménager vers un autre quartier dans des lieux aussi hérités de l’ère coloniale aussi. C’est une constante dans notre ville, on fait installer un organisme nouvellement créée à la place d’un autre qu’on a tout simplement ignoré sa fonction initiale et ainsi on tue la première activité sans connaitre l’impact de la deuxième. On tourne en rond, on tue une activité par lui créer une nouvelle à sa place….Et le jeu de l’accumulation continue.. La ville a été construite par ce jeu d’accumulation telle une décharge publique, le tas sur le tas qui forme l’amas et on vient ensuite pour enfouir le tout, ni vu ni connu …aucun repère pour s’en remémorer, on tue tout simplement la mémoire…On fait pareil aux hommes… Ainsi donc Mouas continua son bonhomme de chemin seul peut être même esseulé, et son petit monde qu’il a confectionné un moment donné a disparu et personne ne s’en rappelle. Mouas est un phénomène dans son genre je ne veux pas étaler trop sur sa vie au risque d’atteinte à sa vie privée mais je dois quand même dire qu’il était un Casanova sédentaire.. Mais je ne vais pas sans dire que les cheveux qui faisant son orgueil ont disparu, la nature est passée par là et en a fait des siennes, il a dû en souffrir au début de la chute mais depuis le temps il a dû se résigner et s’est livré à l’effet somme toute logique de l’âge. Je ne sais plus comment il devient aujourd’hui ni ce qu’il lui advenu, tout ce que je souhaite qu’il se porte bien coté santé car le reste n’est qu’éphémère…C’était l’histoire de la synagogue pas de Mouas, il faut bien faire la nuance car pour l’enfant que j’étais une synagogue pour moi est liée dans ma mémoire à Mouas. C’est la façon avec laquelle travaille ma mémoire. En effet je n’avais aucune relation personnelle avec ce monsieur, toutes ces images qui meublaient ma vie d’enfant m’étaient renvoyées par un jeu de perception sans plus et elles peuvent être totalement erronées. C’est pour cette raison et par déduction je précise que ces réminiscences relèvent pratiquement de la fiction.. Et toute ressemblance aux personnages et lieux, n’est que le fruit du hasard.

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